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Immobilier : qui sont les habitants des passoires thermiques ?

Les habitants du parc immobilier le plus énergivore ne sont pas forcément les ménages auxquels on pense de prime abord. Passage au crible de certains préjugés.

passoires thermiques
Crédit : iStock.

Les préjugés touchent tous les domaines et l’immobilier n’y fait pas exception. D’ailleurs, afin de débusquer les idées reçues qui entourent les passoires thermiques, Effy, le spécialiste de la rénovation énergétique a enquêté. Pour ce faire, le groupe s’est appuyé sur les données recueillies par l’Observatoire National de la Rénovation Énergétique (ONRE). Cette étude, relayée par Le Figaro jeudi 3 mars, recensait 4,8 millions de passoires thermiques, des logements étiquetés F et G qui constituent 17% des résidences principales en France, qu’elles soient occupées par des propriétaires ou par des locataires.

Et le premier préjugé qui entoure les passoires thermiques concerne ceux qui y habitent. On aurait de prime abord tendance à croire qu’il s’agit de foyers modestes. « Le premier levier pour réaliser des travaux, c’est la question de la facture énergétique. Les ménages les plus sensibilisés sont ceux qui ont le plus de pression sur la facture, donc les foyers modestes, ce qui explique cette idée reçue », d’après Audrey Zermati, directrice stratégie d’Effy. Cependant, elle rappelle auprès de nos confrères l’existence d’aides à la rénovation énergétique auprès de ces ménages. « Les foyers à hauts revenus ou intermédiaires considéraient qu’ils n’avaient pas le droit à des aides. Ils étaient moins sensibilisés aux aides existantes», ajoute-t-elle. Dans le détail, les passoires thermiques sont occupées à hauteur de 58% par des foyers à revenus hauts ou intermédiaires. Le chiffre tombe à 42% pour les foyers modestes et très modestes.

L’immobilier classé F ou G habité par des propriétaires

On a également tendance à croire que les passoires thermiques sont occupées par des locataires. Mais c’est faux. La plupart des habitants de l’immobilier classé F ou G sont propriétaires (58%). Le parc social des logements énergivores n’est occupé que par 7% des locataires contre 35% pour ceux qui louent dans parc immobilier privé. « Le parc social est le parc de logements le plus ciblé en termes d’aides. Il gère de manière dynamique l’entretien de son bâti comme il gérerait un actif. Il est donc mieux entretenu que le parc privé », analyse Audrey Zermati.

De plus, cela ne concerne pas forcément les petites surfaces. En effet, 60% des passoires thermiques sont des maisons, et 40% des appartements. En moyenne, la superficie de ces logements énergivores se situe entre 60 et 100 mètres carrés.

Les aides n’ont jamais été aussi importantes

Enfin, vendre son bien n’est pas forcément une fatalité, s’il s’agit d’une passoire thermique. Sur le marché, ce type de biens est davantage proposé, comme à Rennes et Paris (+74% et + 72%). Plutôt que de le rénover, de nombreux propriétaires préfèrent vendre leur logement mal classé. Et ce, malgré des aides qui n’ont jamais été aussi nombreuses. Pourtant, 72 % des propriétaires de logement assument ne pas s’être renseignés sur ces aides. Pour 60 % d’entre eux, le coût des travaux est beaucoup trop abstrait, au regard d’une étude réalisée par PAP en novembre. « La rénovation énergétique n’était pas un sujet lors des transactions immobilières précédentes mais elle va le devenir comme elle va avoir un impact sur la valeur patrimoniale et sur l’interdiction de certains biens à la location », conclut la directrice stratégie d’Effy.