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Logement : les quotas HLM, une mesure clivante pour les Français

Parmi les propositions « logement », l’augmentation des quotas de logement HLM de 25% à 30%, n’est pas plébiscitée par les locataires.

HLM

Les Français ont eu la possibilité de donner leur avis sur les propositions « logement » des candidats à la présidentielle. Et ce, grâce à l’enquête inédite menée par le site d’annonces immobilières de particuliers PAP, rapporte Figaro Immobilier. Des propriétaires, des investisseurs et des locataires ont été interrogés pour l’occasion sur une vingtaine de propositions. Près de 19.000 personnes se sont prêtées à l’exercice. Certaines réponses notamment sur les quotas HLM ne font pas l’unanimité.

En premier lieu, les Français ont pu exprimer leur opinion sur la suppression de la loi sur les quotas de logements sociaux (loi SRU). Une mesure défendue par Éric Zemmour. Et ils sont plutôt partagés sur cette question : 56% soutiennent l’idée du candidat de Reconquête ! Étonnamment, les locataires (55%) sont, très légèrement, plus nombreux que les propriétaires (54,6%) à se dire favorables à la fin de la loi SRU. Avec l’inflation qui grimpe ces derniers temps, les loyers ont augmenté et les locataires ont des difficultés à se loger surtout dans les grandes villes. Les HLM deviennent donc une solution envisageable qui répondrait à ce problème.

« Les logements sociaux dépassent le clivage propriétaires/locataires car il y a aussi un enjeu de mixité sociale. Les locataires y sont également sensibles car ils redoutent le risque de formation de ghettos dans certains quartiers », analyse Corinne Jolly, présidente de PAP. À propos de l’augmentation des quotas de logements HLM de 25% à 30%, une mesure proposée par Jean-Luc Mélenchon, les locataires ne la plébiscitent pas. Elle recueille le moins d’avis positifs de la part des locataires (67% contre plus de 80 % pour la plupart des autres).

Les Français favorables à la suppression des droits de succession sur la résidence principale

Du côté des investisseurs, la généralisation de l’encadrement des loyers dans les zones tendues, défendue par Anne Hidalgo (PS), est approuvée par près de 39% des propriétaires qui envisagent de louer leur logement. Un résultat surprenant pour un outil qui peut leur être défavorable. « La cherté des loyers au regard des revenus des locataires semble de plus en plus faire consensus chez les propriétaires », précise Corinne Jolly. Pour rappel, 58% des propriétaires respectent l’encadrement des loyers à Paris. Cependant, le clivage propriétaire/locataire se confirme à ce propos : 90% des locataires et 68,5% de propriétaires l’approuvent. « Les propriétaires occupants ne sont pas concernés et ont sûrement des enfants locataires », affirme la présidente de PAP.

Sur les droits de succession, sujet au coeur des débats politiques, les Français sont unanimement favorables à la suppression des droits de succession sur la résidence principale : 90% pour les propriétaires et 78% pour les locataires. Une mesure proposée notamment par Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France). La transmission patrimoniale concerne tous les Français quel que soit leur profil.

Consensus sur le plafonnement à 35% des impôts sur les revenus locatifs

Enfin, sur la fiscalité, propriétaires et investisseurs se rejoignent (respectivement à 81% et 87%) sur le plafonnement à 35% des impôts sur les revenus locatifs (contre 45% actuellement. Plus étonnant, les locataires aussi y sont favorables à 75%. « Les locataires ne sont pas opposés à ce que les propriétaires soient moins imposés tant qu’eux ne paient pas plus », ajoute Corinne Jolly.

À propos des « frais de notaire », les locataires, qui n’en paient pas, s’accordent à 90% pour en exonérer les primo-accédants qui achètent un bien de moins de 250.000 euros comme le propose Éric Zemmour. « C’est une ‘mesure cadeau’ qui risque de coûter cher aux finances des collectivités locales car ce sont elles qui touchent la plus grosse part des frais de notaire », précise Corinne Jolly. Et de poursuivre : « Ce sont les mesures les plus coûteuses pour les finances publiques qui plaisent le plus aux Français ».