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Crédit immobilier : un contexte défavorable pour les acheteurs

Après une année 2021 placée sous le signe du crédit immobilier, la remontée des taux en 2022 pourrait décourager les aspirants propriétaires.

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Crédit : iStock.

Coup de froid sur le crédit immobilier. Alors que les taux augmentent progressivement – entre +0,1% et +0,4% – ces dernières semaines, les potentiels acheteurs s’interrogent sur l’avenir de leur projet d’achat immobilier. En effet, après une année 2021 placée sous le signe des taux bas, le contexte économique et international de l’année 2022 en fait douter certains, rapporte Le Figaro Immobilier, lundi 28 mars. Partout en France, hormis à Paris, les prix continuent d’augmenter pour tous les profils (résidence principale, investissement locatif…). Et à ça, il faut ensuite ajouter la hausse des prix de l’électricité, du carburant et de l’enveloppe des travaux.

Et les Français ont parfaitement perçu ce contexte tendu. Ainsi, selon un sondage OpinionWay pour Artemis Courtage, courtier en immobilier, 77% des sondés observent une hausse des taux. Et selon 52% de Français, la situation pour emprunter est défavorable. À l’inverse, 46% des interrogés estiment qu’il est favorable d’emprunter en ce moment. Si l’on revient six mois en arrière, c’était le phénomène inverse qui était relevé. « Les conditions de financement d’un achat immobilier sont encore attractives, affirme pourtant auprès de nos confrères, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance. Les taux de crédit immobilier sont autour de 1,2% sur 25 ans alors que l’inflation est à 3%. Les taux de crédit réels sont donc négatifs, à court terme ». Autrement dit, s’ils s’endettent, les Français pourront s’enrichir. De plus, la production de crédit immobilier reste audacieuse. Sur un an, elle était de +6,4% en janvier. Et en février, de +6,6% (selon une estimation), d’après la Banque de France. Soit avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie. « Nous n’anticipons pas d’évolution de tendance », déclarait une source du Haut conseil de stabilité financière.

Crédit immobilier et endettement

Mais cela ne semble pas suffire à apaiser les craintes des Français. Pour l’heure, 73% sont inquiets pour l’économie du pays. Un chiffre qui descend à 55% pour ce qui concerne l’immobilier. Ces chiffres sont en hausse de 9 points par rapport au mois d’octobre 2021. Des niveaux équivalents à ceux qui avaient été enregistrés durant la crise du Covid. « Le téléphone sonne moins, le marché est en pause. D’ordinaire, nous avons au moins des prises de contacts à cette époque. C’est un bel atterrissage en “gueule de bois”. Les Français sont attentistes », estime Ludovic Huzieux, président d’Artemis Courtage auprès du quotidien.

S’il peut se comprendre, cet attentisme pourrait coûter cher car le taux d’endettement de l’Etat ne cesse de croître. Et c’est celui-ci que les banques observent afin de fixer leur taux de crédit. Laissant donc craindre de nouvelles augmentations de taux. Qui, in fine, augmenteront la valeur de l’emprunt immobilier. Si l’on ajoute à ces problématiques les durées d’emprunt approchant le maximum légal, faut-il craindre une hausse du taux de refus ? « Il y a quelques dossiers où on va transpirer et où il faut craindre un “effet ciseau”, craint Ludovic Huzieux. C’est là que nous devons être des trouveurs de solutions plutôt que des comparateurs ».

De nombreux acheteurs renoncent

Face à ces constats, de nombreux Français renoncent à accéder à la propriété. En septembre dernier, 17% se disaient prêts à ne pas franchir le pas, arguant le climat incertain. Aujourd’hui, ce chiffre est monté à 25%. D’autres motifs comme les prix trop élevés, un apport insuffisant ou une baisse du pouvoir d’achat en raison de l’inflation expliquent également ce désamour. Enfin, selon 60% des personnes interrogées, aucun candidat à l’élection présidentielle ne semble en mesure d’inverser la tendance.