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Immobilier : à Paris, le prix des petites surfaces reste en baisse

L’investissement dans la pierre à Paris et dans les départements alentour subit une baisse continue ces derniers mois. De quoi s’interroger sur le bienfondé de ces investissements autrefois très lucratifs.

crédit immobilier
Crédit : iStock.

C’est du jamais vu depuis dix ans. À Paris, les prix de l’immobilier continuent de baisser, rapporte Le Parisien lundi 11 avril. C’est en tout cas le constat de Meilleurs Agents. Le site d’évaluation immobilière indique d’ailleurs dans son dernier baromètre que les prix de la pierre dans la capitale ont baissé de 3,1% depuis le mois de septembre 2021. Dans la grande couronne, c’est un phénomène inverse qui se produit actuellement. Et en petite couronne, les maisons n’ont jamais eu autant la cote.

Une question légitime vient alors se poser : est-ce la fin de l’âge d’or des petites surfaces dans la Ville Lumière ? Il semblerait que la réponse soit affirmative, car ces logements ont perdu 0,8% ces derniers mois contre 0,1% pour les grandes surfaces. « Les investisseurs, friands de ce genre de placement, sont beaucoup plus prudents », analyse Barbara Castillo-Rico, responsable des études économiques chez Meilleurs Agents. Avant d’ajouter : « L’encadrement des loyers et l‘interdiction de louer des logements classés G en diagnostic de performance énergétique à partir de 2025 et F en 2028 expliquent cette tendance.»

Un marché immobilier rythmé par les crises récentes ?

Le constat n’est pas plus brillant lorsqu’on observe les T2. « Après le confinement, les jeunes couples ont eu besoin d’espace, précise-t-elle. Et ils se sont aperçus, qu’en banlieue proche, ils pouvaient obtenir une surface deux fois plus grande pour le même prix. » De plus, le durcissement des conditions pour les locations saisonnières ainsi que la désertification touristique ont enlevé de l’intérêt à ces investissements. Aujourd’hui, le prix du mètre carré avoisine les 10.000 euros.

Du côté des grandes surfaces, c’est un peu mieux. « On voit revenir des investisseurs qui ont gagné beaucoup d’argent en bourse et qui les placent dans les quatre, cinq pièces, c’est de la pierre coffre-fort », souligne auprès du média Thierry Delesalle, porte-parole des notaires du Grand Paris. Et de poursuivre : « Ce n’est pas pour chercher du rendement, juste assurer un capital car Paris sera toujours Paris. »

Dans le 92, les maisons tirent le marché vers le haut

Dans les Hauts-de-Seine, département le plus cher et le plus petit de la petite couronne, le marché immobilier s’essouffle. Depuis janvier, il a subi une baisse de 0,6%. « Les prix sont presque aussi chers que Paris et l’offre est très limitée ce qui pèse dans les choix, explique Barbara Castillo-Rico. En revanche, la Seine-Saint-Denis a beaucoup plus d’offres mais souffre de sa réputation. Le Val-de-Marne semble être un bon compromis entre les deux. »

Sur un an, ce sont les maisons qui ont davantage tiré le marché. Dans ces départements, elles progressent deux à quatre fois plus vite que les appartements : + 2,9 % dans le 92 (contre + 0,9 %), + 4 % dans le 93 (contre + 0,9 %) et + 5,6 % dans le 94 (contre + 2,6 %). « Les maisons sont d’autant plus recherchées sur ces territoires qu’elles tendent à être détruites et remplacées par des immeubles, note Thierry Delesalle. Par ailleurs, sur certaines villes bordant le périphérique comme Aubervilliers, on trouve des prix 25 à 30 % moins chers qu’à Paris. »

Deux départements très recherchés

En grande couronne, c’est l’inverse. Les appartements y progressent plus rapidement que les maisons. En particulier dans le Val-d’Oise (+6,9% sur un an) et la Seine-et-Marne avec + 5,8 %. « Les ménages sont partis en grande couronne pour rechercher de l’espace mais ont conservé leur travail sur la capitale, ils ont donc opté pour des appartements qui sont souvent situés proche des gares. Contrairement aux maisons. »

Cependant, dans les Yvelines, les prix évoluent assez peu au regard d’un prix moyen déjà très élevé. Il vous faut en effet débourser 4.910 euros du mètre carré pour les appartements. C’est davantage qu’en Seine-Saint-Denis (4.452 euros), 3.905 euros le mètre carré pour les maisons. C’est d’ailleurs le tarif de ces dernières qui augmente le plus, contrairement aux autres départements voisins (+ 3,7 %, contre + 3 % pour les appartements).