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La végétalisation des toits à Paris, c’est pour bientôt

Grâce au génie de trois Français, étudiant à Boston, les toits de Paris pourraient bientôt accueillir de la végétalisation. Détails.

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Crédit : iStock.

Et si l’on se réappropriait les toits de nos espaces de vie ? C’est en partant de cette question que trois étudiants français en architecture et en immobilier au Massachusetts Institute of Technology (MIT), à Boston, ont créé Roofscapes, une start-up qui a pour objectif de transformer les toits en pente dans les villes denses en y apposant de la végétalisation, rapporte Le Figaro. Le projet a été sélectionné avant d’être présenté à la Biennale 2021 ​​d’architecture et d’urbanisme de Séoul, en Corée du Sud, qui s’articulait autour de la résilience des villes. Et plusieurs projets pilotes sont actuellement en cours de négociation à Paris.

« Les toits représentent environ 30% de la surface horizontale de Paris. Un tiers de la ville est donc actuellement presque complètement inutilisé. À travers Roofscapes, nous faisons partie de celles et ceux qui considèrent les toits comme une incroyable opportunité d’améliorer le bien-être, le vivre-ensemble et la résilience urbaine », estime son cofondateur Olivier Faber. D’après le National Research Council Canada, en comprenant 50% de toitures végétalisées, une ville pourrait voir descendre le mercure de deux degrés.

Grâce à la végétation, la qualité de l’air serait améliorée. Mais ce n’est pas tout. Les toits végétalisés auront également pour effet d’augmenter la rétention des eaux pluviales lors d’orages ou de réduire la température de surface de votre toiture. « C’est incroyable que tout cela se passe au-dessus de votre tête ! », se réjouit la start-up. Cet espace extérieur privé ou partagé permettra également d’« allier l’intérêt écologique avec l’intérêt humain en profitant d’un espace extérieur depuis son immeuble sans avoir à passer par la rue ou devoir descendre dans un parking», explique Eytan Levi, cofondateur de Roofscapes.

Végétalisation et protection du patrimoine

Grâce à cette technique, les toits de Paris sont préservés. Les jeunes entrepreneurs se sont inspirés des « altanas » à Venise, ces terrasses perchées en bois qui sont apparues au XIIe siècle (à cette époque, la densité de population amenuisait les possibilités d’avoir un jardin). Celles-ci, qui avaient pour vocation de sécher le linge sont désormais utilisées comme terrasses d’agrément.

Avec cette méthode, nul besoin de détruire les couches de zinc qui font le charme des toits de Paris. « On constate que les bâtiments de la fin du XIXe siècle ou du début du XXe ont des murs porteurs surdimensionnés », entame le cofondateur de la start-up. Avant de poursuivre : « On hisse donc nos plateformes préfabriquées en bois que l’on place à la verticale des murs porteurs surdimensionnés qui sont en capacité de supporter ces nouvelles charges », précise Eytan Levi.

Parmi les trois fondateurs, deux poursuivent toujours leurs études aux États-Unis. Dans un an, le trio prévoit de travailler à plein temps sur ce projet. Et de l’étendre à d’autres villes, à l’image de Marseille, Toulouse ou encore Lyon et Bordeaux.