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Maison individuelle : « Emmanuelle Wargon se trompe de combat »

Trois questions à Pierre Jude, président et fondateur de Maisons Pierre.

Pierre Jude, président et fondateur de Maisons Pierre

Pouvez-vous présenter brièvement le concept de Maisons Pierre ?

Pierre Jude : Fondé en 1984, Maisons Pierre est l’un des leaders de la construction de maisons individuelles en France, que ce soit en lotissement ou en milieu diffus. Notre crédo : offrir la possibilité au plus grand nombre de devenir propriétaire d’une maison offrant une qualité de construction exemplaire, aux matériaux performants et respectueuse de l’environnement. En complément de notre cœur de métier, nous proposons une palette de services parmi lesquels l’aide au financement ou l’assistance aux démarches administratives. Au travers plus de cinquante agences, l’entreprise couvre aujourd’hui les régions Île-de-France, Bourgogne-Franche-Comté, Bretagne, Centre-Val de Loire, Grand Est, Hauts-de-France, Normandie, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Pays de la Loire. Depuis sa création, plus de 50 000 clients lui ont accordé leur confiance.

Quelle réaction suscite chez vous les propos tenus l’an dernier par la ministre déléguée au logement, qualifiant la maison individuelle de « non-sens écologique, économique et social » ?

P. J. :
Emmanuelle Wargon se trompe de combat. Les Français, a fortiori depuis la crise sanitaire, plébiscitent la maison individuelle qui correspond à leur aspiration de bien-être, à leur choix de vie guidé par la recherche d’espace, de confort et de nature. En secteur urbain, le choix du collectif s’impose de lui-même. Mais ce n’est plus ce mode d’habitat que recherchent majoritairement les ménages. J’ajoute que la critique habituellement formulée à l’encontre de l’habitat individuel, responsable d’une artificialisation des sols, n’est pas justifiée. Depuis la loi SRU adoptée en 2000 sous le gouvernement de Lionel Jospin, la tendance est à la construction de maisons dans de plus petits terrains, issus pour beaucoup de divisions. Sur 1 000 mètres carrés, il n’est plus rare de construire trois maisons. Cela correspond aussi à l’esprit des Français aujourd’hui : nos compatriotes n’ont pas envie de consacrer beaucoup de temps à l’entretien de leur jardin.

Inflation, limitation des permis de construire, durcissement de la réglementation environnementale : les constructeurs font face à un contexte adverse…

P. J. : C’est exact, même si cela n’altère pas l’appétit de nos clients pour les maisons. En 2021, nous avons vendu quelque 2 400 produits sur l’ensemble du territoire, en augmentation sensible par rapport à l’année 2020, il est vrai atypique car amputée de deux mois d’activité. Pour l’exercice en cours, nous espérons faire au moins aussi bien. S’agissant des difficultés opérationnelles, il y a bien des retards au démarrage de nos chantiers, dus aux délais allongés d’instruction des permis. A ceci peut s’ajouter des difficultés dans la construction en raison des délais d’approvisionnement des matériaux. 

Mais à ce stade, nous ne dépassons pas les retards autorisés contractuellement. Sans surprise, les coûts de construction sont orientés à la hausse, pour les facteurs conjoncturels et structurels que vous évoquez. Bois, isolants, aciers… : la plupart des matières premières que nous consommons ont enregistré des hausses de prix à deux chiffres depuis l’été 2021, avec des pics à +20% sur certains matériaux. A cela s’ajoute les surcoûts liés à la nouvelle réglementation environnementale, la RE2020, estimée entre +5 et +8%. Nous avons anticipé cette mutation. A telle enseigne que toutes nos maisons vendues depuis septembre 2021 intègrent les nouvelles normes, tout en restant accessibles à la plupart des budgets.