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Rénovation énergétique : la facture s’annonce plus lourde que prévue

Selon les différents acteurs du secteur, le coût de la rénovation énergétique atteindrait alors 246 milliards d’euros.

rénovation énergétique
Crédit : iStock.

Les lois “Climat et Résilience” et “Énergie Climat” vont progressivement imposer dès 2023 la rénovation énergétique des “passoires thermiques”. Il ne sera plus possible de les proposer à la location. Pour permettre à tous les propriétaires, même les plus modestes, de procéder à ces travaux, des aides de l’État ont été mises en place. Mais Le Parisien révèle, dimanche 24 avril, que le nombre de logements concernés aurait été largement sous-estimé. Le montant total des travaux nécessaires serait donc bien plus important que prévu.

Selon les chiffres originels de l’Agence de la transition écologique (Ademe), 4,8 millions de logements étaient classés F ou G en 2018 et devaient donc être rénovés d’ici 2028 pour les premiers, 2025 pour les seconds. Ce chiffre a été revu à la hausse, à 5 millions, après une refonte du mode de calcul du diagnostic de performance énergétique. Mais selon le Syndicat interprofessionnel du diagnostic immobilier (Sidiane), avec ce nouveau mode de calcul, il faudrait plutôt doubler le nombre de passoires énergétiques en France. “Cela va poser un problème majeur de financement des rénovations”, met en garde dans Le Parisien Jean-Christophe Protais, président du Sidiane.  

Une rénovation énergétique à 246 milliards d’euros

Même son de cloche du côté de la Fnaim. Son président, Jean-Marc Torrollion, table sur 7 à 8 millions de logements concernés. Selon lui, le retard de l’Ademe à publier un rapport sur les diagnostics qui lui sont remontés, prévu pour mars, renforce cette inquiétude. Selon les différents acteurs du secteur, le coût des rénovations de tous ces biens devrait dépasser les 150 milliards d’euros. Sans compter les logements classés E, dont la mise aux normes est prévue d’ici 2034. La facture atteindrait alors 246 milliards d’euros.

Cela représenterait de fait un coût pour l’État, au travers des aides mises en place, mais aussi pour les propriétaires. En particulier pour ceux dont les logements mal classés sont déjà en cours de location. Leur mise à niveau coûtera 87 milliards d’euros. “Ce n’est pas à la portée de nos concitoyens, surtout en cette période d’hyperinflation des prix des matériaux”, prévient Jean-Marc Torrollion. Les deux syndicats plaident donc pour un report du calendrier sur le modèle européen, moins exigeant. Les propriétaires pourraient donc se tourner vers la vente ou la location de meublés touristiques plutôt que sur la location longue durée.