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Crédit immobilier : attention si votre logement est loin de votre travail !

L’obtention d’un crédit immobilier dépend de plus en plus de la localisation du bien et notamment l’éloignement par rapport au lieu de travail.

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iStock

Pour obtenir un crédit immobilier, le salaire compterait-il un peu moins qu’avant ? Une chose est sûre, d’autres facteurs semblent avoir un poids de plus en plus important. Le conflit en Ukraine a provoqué la hausse du coût des matériaux, de l’énergie et des matières premières. Les prix de l’immobilier ont également augmenté. Par conséquent, les banques sont plus attentives à la qualité des dossiers de prêt, remarque le courtier Vousfinancer.

Selon 51 % des courtiers interrogés par Vousfinancer, les banques sont également plus regardantes qu’auparavant à la localisation du bien immobilier et notamment l’éloignement par rapport au lieu de travail. « Nous avons eu des refus de prêt à cause de l’éloignement du bien par rapport au lieu de travail, en raison de la charge financière trop importante que cela allait représenter en termes de carburant, voire même d’achat d’une 2ème voiture », prévient Sandrine Allonier, directrice des études de Vousfinancer, sur BFMTV.

Cela peut poser problème si la distance est supérieure à 50 km notamment. Certaines banques limitent l’endettement maximum à 30% pour que l’emprunteur puisse faire face aux dépenses engendrées. Même si cela ne conduit pas systématiquement à des refus, le thème de l’éloignement domicile-travail est désormais plus fréquemment abordé. a calculé que réaliser 100 km par jour chacun pour un couple représente un coût de 500 euros par mois (hors péage) pour le ménage.

Pour l’épargne, 4 à 6 mensualités de prêt demandées

Aujourd’hui, l’apport personnel que réclame les banques a également bondi. Il faut désormais compter 52.594 euros d’apport personnel en moyenne en France, contre 29.405 euros l’an dernier, selon les chiffres du réseau de courtage Finance Conseil. La progression est significative (+78% sur un an). En comparaison au coût total du projet, l’apport équivaut désormais à 20%, indique BFMTV.

D’autres critères comptent pour les banquiers comme l’épargne après projet. Cela permet de savoir si les emprunteurs peuvent gérer des dépenses imprévues. La situation professionnelle, et notamment l’ancienneté des emprunteurs est également un critère important.

« Les banques demandent actuellement toutes, systématiquement, de l’apport personnel (…) et une épargne après opération qui ne sera pas mise dans le projet, mais servira à éviter la souscription d’un crédit à la consommation en cas de dépenses imprévues. Cela peut être des travaux de toiture ou l’achat d’une deuxième voiture, en limitant ainsi le risque de surendettement ou de non remboursement du crédit », analyse Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer. La somme demandée varie selon les banques. Elle dépend de la situation des emprunteurs, mais correspond en général à 4 à 6 mensualités de prêt.

La hausse déterminante du coût des matériaux

Selon le sondage, 60% des courtiers trouvent que les banques sont désormais plus attentives à la vétusté du bien (isolation chaudière) et au montant des travaux potentiels dans l’ancien. La hausse du coût des matériaux joue un rôle déterminant. Elles sont également plus regardantes, selon 52 % des courtiers, sur la performance énergétique du bien pouvant avoir un impact sur le budget énergie des acquéreurs.

Il peut arriver qu’elles soient alors plus vigilantes à l’endettement des clients afin d’anticiper un éventuel prêt travaux ou conso dans les mois ou années à venir. Concernant les biens vétustes, « elles sont attentives à ce que la part des travaux à financer ne soit pas démesurée par rapport à valeur du bien, ce qui pourrait entrainer un risque de moins-value en cas de revente et conduire à un non remboursement du prêt », explique Sandrine Allonier.