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Immobilier : la baisse des prix se fait attendre en province

Alors que la hausse des taux devrait entraîner une baisse des prix de l’immobilier, le secteur résiste en province, pour l’instant.

Immobilier
Crédit: iStock.

C’est un mécanisme de régulation bien connu du marché de l’immobilier. À une hausse des taux d’intérêts répond logiquement une baisse des prix des biens. En France, les taux des crédits immobiliers sont en pleine flambée. Mais le prix de la pierre n’a pas encore suivi la tendance inverse, relèvent Les Échos, dimanche 1er mai. À Paris, une évolution à la baisse a bien été ressentie. Mais elle ne concerne pas l’ensemble du marché. En province, la tendance est même parfois à la hausse. Cela en raison notamment d’un pouvoir d’achat en berne et d’un contexte économique marqué par le Covid-19.

Paris, première victime des taux élevés

Dans la capitale, les prix ont baissé de 3,1 % entre mai 2021 et mai 2022. Selon Thomas Lefebvre, directeur scientifique de Meilleurs Agents, cité par Les Échos, cette évolution est notamment due à la flambée des taux. « Les primo-accédants touchés par les restrictions d’accès au crédit », n’ont plus un pouvoir d’achat suffisant. C’est pourquoi les difficultés concernent plutôt les petites surfaces parisiennes. Les « trois pièces et plus » ainsi que l’immobilier de luxe sont, en revanche, plutôt épargnés.

L’immobilier de province favorisé par la pandémie

Cette difficulté à se loger à Paris pour certains ménages vient s’ajouter aux conséquences de la crise sanitaire. Les confinements ont poussé nombre de Français à aller chercher une qualité de vie et des logements plus spacieux en province. Les prix y ont donc nettement augmenté. Mais 2022 semble marquer un retour « à plus de sagesse et de rationalité », selon Yann Jéhanno, président du réseau Laforêt. « L’essentiel du rattrapage des projets repoussés en 2020 a été mené l’an dernier », explique-t-il. Une situation qui profite aux grandes métropoles, où le prix au mètre carré reste deux à trois fois moins cher qu’à Paris.

Mais la baisse des prix est néanmoins attendue en province. La crise ukrainienne et l’inflation ont tendance à plomber le moral des ménages et à décourager l’achat. Sans compter que les propriétaires qui vendront moins cher en raison de la hausse des taux devraient donc bénéficier d’un budget moindre pour acheter un nouveau bien. « Après deux années de records, que ce soit sur le nombre de transactions ou l’augmentation des prix de vente, le contexte économique et international va sonner la fin de la récréation sur le marché immobilier en France », résume Stéphane Fritz, président de Guy Hoquet l’Immobilier.