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Crédit immobilier : la tendance à la hausse se confirme pour les prochaines semaines

Mauvaise nouvelle pour les emprunteurs désireux de concrétiser leur projet immobilier, les taux des crédits sont en hausse et cette tendance devrait durer dans le temps selon plusieurs observateurs.

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Crédit : iStock.

La tendance observée ces derniers mois se confirme au grand dam des emprunteurs : les taux de crédit immobilier proposés par les banques ont continué de grimper ces dernières semaines. Au mois de mai, les banques ont ainsi proposé des taux moyens de crédit d’environ 1,5% sur 20 ans, soit une hausse de 0,5 point depuis le début de l’année, selon Capital.

Cette hausse est surtout généralisée et concerne tous les profils, et cela, quelle que soit la durée de l’emprunt. Pour le mois de mai 2022, les baromètres des taux immobiliers affichent 1,37% sur 15 ans, à 1,47% sur 20 ans, et à 1,63% sur 25 ans.

Le taux d’intérêt des emprunts de l’État français influe sur le crédit immobilier

Si l’inflation n’est pas étrangère à l’augmentation récente des taux de crédit, d’autres facteurs peuvent expliquer cette hausse. Comme l’observe le site Meilleurtaux, les banques se fixent sur le taux d’intérêt des emprunts de l’État français (appelés OAT 10 ans). Celui-ci ayant atteint 1,5% au mois de mai, les banquent empruntent et prêtent au même taux aux ménages.

En plus de l’augmentation de l’OAT, c’est sur un autre taux que les regards se tournent ces dernières semaines : les taux directeurs de la Banque Centrale Européenne (BCE). Si ceux-ci ont été maintenus en avril, les dernières déclarations de sa présidente Christine Lagarde laissent entendent qu’au vu de la situation économique actuelle, ces taux pourraient bien augmenter dans les prochains mois. Une probable hausse de coût pour les banques qu’elles continueront de répercuter sur les taux des crédits immobiliers.

Le taux d’usure n’a jamais été aussi bas

Autre problématique et véritable caillou dans la chaussure des courtiers, la baisse du taux d’usure, c’est-à-dire le taux maximum auquel les banques ont le droit de prêter. Ce taux a été révisé par la Banque de France à 2,4% sur 20 ans et plus, soit le plus bas jamais observé. Cette baisse entraîne une marge faible en cas de hausse du taux de crédit comme aujourd’hui. C’est ce que les courtiers appellent « l’effet ciseau », un décalage qui va encore plus pénaliser les ménages dans leurs démarches de crédit et augmenter les refus.

Selon le courtier en ligne Pretto, le nombre de dossiers d’emprunteurs pour un crédit immobilier ayant dépassé le taux d’usure s’élève à 24% en avril contre 4,3% en 2021.