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Immobilier : la hausse des taux laisse craindre une correction des prix, prévient la BCE

La BCE envisage de relever les taux d’intérêt pour lutter contre l’inflation. Une stratégie qui pourrait faire s’écrouler les prix de l’immobilier, surévalués selon elle.

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Crédit : iStock.

Après plusieurs années marquées par des taux d’intérêt faibles et des prix hauts, le marché de l’immobilier pourrait subir une « correction »,selon la Banque centrale européenne (BCE). Mercredi 25 mai, le régulateur a jugé que les prix de la pierre pourraient chuter prochainement, en raison notamment de l’inflation actuelle, rapporte La Tribune. Il faut dire que l’immobilier avaient connu une hausse significative dans toute l’Europe. Cela notamment grâce à une politique de taux d’intérêt bas défendus par la BCE. La pandémie de Covid et la politique de soutien aux États de la banque centrale ont favorisé un peu plus cette hausse.

L’immobilier français relativement épargné

Il en résulte une surestimation des prix estimée en moyenne à 15 %. Dans certains pays, comme la Grèce ou les Pays-Bas, elle pourrait même atteindre 60 %. Or les différentes crises, notamment le conflit russo-ukrainien, et l’inflation qu’elles génèrent devraient pousser la BCE à opérer un virage à 180 degrés de sa politique. Elle envisage d’ailleurs de relever ses taux directeurs en juillet, ce qui constituerait une première en dix ans. Une remontée significative des taux, associée à une surévaluation de la valeur des biens, « pourrait déclencher une correction des prix de l’immobilier à brève échéance, le niveau actuel bas des taux d’intérêt rendant plus probable un retournement marqué des prix des logements », prévient la BCE.

En France, l’impact pourrait être atténué par plusieurs éléments. Car même si le marché du neuf est à la peine depuis le début de l’année, la demande reste importante. La politique des taux fixes devrait également permettre d’éviter les augmentations brutales. De même que le plafonnement des taux, ou « taux d’usure », actuellement fixé à 2,4 % et qui ne devrait pas changer avant octobre 2022. Les taux ont certes commencé à augmenter, mais de manière modérée, passant en moyenne de 1,1 % en décembre à 1,17 % en avril. Pour l’instant, la baisse des prix s’est essentiellement concentrée sur Paris.