Se connecter S’abonner

Immobilier : entre hausse des taux et nouvelles normes, de nombreux ménages incapables d’emprunter

Avec des taux en hausse, des apports exigés plus importants et un encadrement accru, l’accès au crédit immobilier devient très complexe pour certains ménages.

immobilier
Crédit : iStock.

Le marché français de l’immobilier résiste plutôt bien en France, malgré la crise et l’inflation. Mais une partie des acquéreurs potentiels se retrouvent dans l’incapacité d’acheter en raison de la hausse des taux, mais aussi de nouvelles règles conditionnant l’octroi de crédits. En avril, le taux d’intérêt sur vingt ans s’élevait à 1,25 % en moyenne et à 1,37 % sur vingt-cinq ans, selon l’Observatoire crédit logement CSA. La hausse devrait se poursuivre dans les mois à venir, portée notamment par une probable révision des taux directeurs de la Banque centrale européenne en juillet, explique Le Parisien, mercredi 1er juin.

Fin de l’immobilier accessible à tous ?

Les ménages les plus fragiles sont impactés par la mesure. Ainsi, pour un célibataire au Smic, le taux est passé à 1,67 % sur 25 ans. Un couple de primo-accédants avec deux enfants peut espérer, pour un revenu de 3.000 euros par mois, un taux de 1,57%. Un chiffre à relativiser après des années de taux historiquement bas. En 2011, il fallait en moyenne envisager un crédit à 4 %. Ce début 2022 semble marquer la fin d’un marché de l’immobilier ouvert à tous. Outre la hausse des taux, les banques exigent désormais un apport allant de 10 à 20 % du prix d’achat, ce qui impacte encore plus les ménages à faibles revenus. D’autant plus que la hausse des prix s’est poursuivie sur une large partie du marché au premier trimestre.

Mais il faut aussi tenir compte de nouvelles règles visant à protéger les emprunteurs comme les banques d’une insolvabilité. Depuis le 1er janvier, le Haut conseil de stabilité financière a imposé un taux d’endettement maximum de 35 % par ménage. Il est difficilement possible de compenser cela par une augmentation de la durée de l’emprunt, qui a elle aussi été encadrée à 25 ans maximum. Enfin, le taux d’usure, taux maximum autorisé pour un emprunt, fixé à 2,4 % par la Banque de France, réduit également la marge de manœuvre des acquéreurs.