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Inflation : le gel des loyers est la « seule solution urgente à prendre », selon la CLCV

Dans un communiqué, l’association de consommateurs dénonce le refus du gouvernement de mettre en place un gel exceptionnel et temporaire des loyers.

APL
Crédit: iStock.

Alors que les loyers progressent très rapidement (+ 2,49 % en avril, un plus haut historique depuis 2009, et une prédiction de + 5,4 % d’ici la fin d’année), l’association de consommateurs Consommation Logement Cadre de vie appelle, une nouvelle fois, à la mise en place d’un gel des loyers, dans un communiqué publié vendredi 3 juin. Face à la hausse des prix, une rencontre entre les ministres Bruno Le Maire et Amélie de Montchalin et les représentants des propriétaires était organisée jeudi 2 juin. Mais les propositions issues de cette réunion sont « décevantes », selon la CLCV.

« Le gouvernement semble rejeter, à l’issue d’une rencontre où les représentants des locataires n’ont pas été conviés, un gel exceptionnel et temporaire des loyers, alors que le ministre de l’Économie s’y était montré favorable deux semaines plus tôt, déplore l’association. Il privilégierait plutôt le retrait du coût de l’énergie dans le calcul de l’indice de référence des loyers (IRL). Or, si cette proposition devait être retenue, elle aboutirait, en juillet prochain, à un IRL de 3,2 %. Un taux jamais atteint depuis la création de l’indice actuel en 2008 et évolutif à la hausse d’ici la fin de l’année », poursuit-elle.

Perte de pouvoir d’achat et risque d’impayés

Pour la CLCV, une augmentation inconsidérée des loyers « se traduira nécessairement par une perte de pouvoir d’achat des locataires et un risque accru d’impayés, en particulier chez les bailleurs sociaux ». Une situation qui entretient « également l’inflation et aggraverait la hausse des prix sur le long terme ». Par ailleurs, l’association dénonce des arguments « peu pertinents », qui « contribuent uniquement à favoriser, une fois de plus, les bailleurs ». Pourtant, le gel des loyers « garantit le pouvoir d’achat des locataires et n’entraîne aucune dépense pour les propriétaires, uniquement un manque à gagner », affirme-t-elle.

Dans son communiqué, la CLCV souligne que « l’augmentation du Smic et des pensions de retraite de 4 % (…) représente 52 euros mensuels alors que l’inflation aujourd’hui se traduit par un coût de 123 euros par mois, hors loyer ». Compte tenu de ce constat, « le gel des loyers apparaît comme la seule solution permettant d’agir urgemment face à la situation », précise-t-elle. Cependant, des réflexions pour stabiliser les valeurs de l’indice de référence de loyers dans des variations raisonnables devront ensuite être engagées, ajoute l’association de consommateurs.