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Crédit immobilier : face à la hausse des taux, certaines banques se passent de courtiers

Sur le marché du crédit immobilier, la compétition fait rage entre les banques. À tel point que certaines remercient leurs courtiers.

crédit immobilier
Crédit : iStock.

La hausse rapide des taux a déjà contraint certaines banques à adapter leurs pratiques pour rester compétitives sur le marché du crédit immobilier. Selon les informations dévoilées lundi 13 juin par Les Échos, certaines d’entre elles auraient décidé de ne plus recourir aux courtiers. Ce serait notamment le cas de la Société générale, au moins pour un temps, et de plusieurs caisses régionales du Crédit agricole. Se passer de ces intermédiaires devrait permettre aux banques de limiter les coûts et de continuer ainsi à proposer des taux relativement bas. Selon une source bancaire citée par le quotidien spécialisé, il y aurait bien « un mouvement général » de cet ordre dans le secteur.

Le crédit immobilier subit « l’effet ciseau »

Cette stratégie est devenue nécessaire, pour certaines banques, à la suite de la rapidité exceptionnelle de l’inflation ces derniers mois et par « l’effet ciseau » lié au taux d’usure. En effet, les banques ne peuvent pas simplement répercuter à leur guise l’évolution des taux et du marché sur le crédit immobilier. Celui-ci est encadré par le taux d’usure, c’est-à-dire le niveau maximal autorisé d’un crédit. Il est actuellement fixé 2,4 % pour un emprunt sur vingt ans, alors que les crédits immobiliers se négociaient en mai autour de 1,3 %.

Cela ne laisse donc qu’une mince marge de manœuvre aux banques. La formule du taux d’usure est fixée par la loi et prend en compte les taux proposés au cours des trois derniers mois. Un mode de calcul qui reflète mal la réalité, dans un contexte d’évolution rapide des prix. Toutefois, le ministère de l’Économie peut y déroger dans certains cas exceptionnels, sur proposition motivée du gouverneur de la Banque de France.

Le non-recours aux courtiers n’apparaît pas comme une solution généralisable à long terme. D’abord, parce que toutes les banques ne font pas appel à eux dans des proportions analogues. Certaines ne disposent pas d’un réseau d’agences interne capable de prendre le relais. Et « le crédit immobilier est plus qu’un produit d’appel : il permet d’entamer une relation bancaire plus large avec le client », rappelle un courtier aux Échos.