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Immobilier : la France n’est pas en manque de logements selon une étude

Face à l’envolée des prix de l’immobilier, certains pointent du doigt comme responsable le manque de logements en France. Une conclusion que tempère pourtant une étude récente.

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Illustration de la construction de l’immeuble Belaroia qui comptera des logements neufs des bureaux et des hotels. Situe dans le quartier de la gare Saint Roch.//LODIMAGES_1605006/Credit:LODI Franck/SIPA/1810271608

Si la pénurie de logements en France est une réalité depuis quelques années et se voit accentuer ces dernières années par des circonstances exceptionnelles comme la crise sanitaire ou la montée des prix, l’hémorragie n’est pourtant pas la même partout, que ce soit dans les métropoles ou les villes moyennes. C’est le constat d’une étude du cabinet Asterès pour le groupe Emeria, et dévoilé dans les pages du Figaro.

En avril dernier, une courbe a dépassé une barre symbolique qui n’avait pas été franchie depuis quelques années. Entre mai 2021 et avril 2022, c’est près de 500.000 permis de construire pour des logements neufs qui ont été délivrés. Pourtant, en ce qui concerne les logements réellement mis en chantier, ceux-ci s’élèvent à presque 400.000 logements cumulés sur douze mois. Une offre importante, mais encore insuffisante pour les professionnels qui pointent notamment l’envolée des prix des matières premières de ces derniers mois, mais aussi la hausse des taux d’intérêt.

Un besoin de logements supplémentaires en baisse

Selon l’étude commandée par le numéro un de la gestion de copropriété français, le groupe Emeria (ex-Foncia), le déficit de logements en France s’est élevé à 157.000 ces vingt dernières années (2000-2020). Au niveau régional, c’est notamment l’Ile-de-France et les Hauts-de-France qui cumulent les plus grosses pénuries de logements, avec respectivement près de 64.000 logements absents.

Selon le cabinet Asterès qui a dirigé l’étude, le besoin de logement supplémentaire ne s’élèverait pour les prochaines années qu’à seulement 14.000 logements par an, donnant ainsi un besoin en logements par an pour les années à venir à 388.000. En réponse, le nombre de logements mis en chantier lors de l’année 2021 s’élève à 374.000 selon les chiffres officiels. Si certaines régions comme l’Ile-de-France et les hauts-de-France rencontrent des besoins importants, certaines régions comme la Bretagne, les Pays de la Loire ou encore la Nouvelle-Aquitaine ont une offre excédentaire qui se chiffre en milliers de logements.

Pour le cabinet, la construction de logements supplémentaires n’est pas forcément la solution avec le manque de capacités logistiques, mais aussi le manque de permis délivrés par certains maires. Autre donnée régulièrement pointée du doigt, les 3 millions de logements vacants et les 3,7 millions de résidences secondaires que compte le pays selon l’Insee. Pour Asterès, la disponibilité des logements ne peut pas non plus se trouver dans ces biens, qui sont pour les résidences secondaires, souvent situées en zones rurales touristiques et éloignées des métropoles qui concentrent les demandes. Pour les logements vacants effectivement présents dans les zones très demandées, ceux-ci le sont majoritairement pour de courtes durées, difficilement compressibles.

L’attractivité des villes moyennes

Face à l’envolée des prix, l’une des solutions proposées par l’étude d’Asterès relayée dans les pages du quotidien serait de redynamiser les villes moyennes en investissant dans les transports, les services publics et en privilégiant le télétravail, comme le préconisait le plan national Action cœur de ville. En améliorant les conditions de vie et l’attractivité des villes moyennes, cela permettrait de désengorger les métropoles où l’accès au logement reste difficile avec la montée des prix.

Une tendance et une attractivité déjà observées depuis quelques années, rappelle Le Figaro, avec une augmentation du nombre de ventes dans près de 200 villes moyennes de 17% en 2018 et de 12% en 2020 selon un baromètre de l’Agence nationale de la cohésion des territoires et du Conseil supérieur du notariat.