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Inflation : les Français envisagent de différer leurs projets immobiliers

Selon un sondage réalisé par la Fnaim, le nombre de personnes jugeant le contexte favorable à un investissement immobilier a été pratiquement divisé par deux en un an.

immobilier
Pixabay

La fin des années de vaches grasses est-elle actée pour l’immobilier ? Le secteur avait plutôt bien résisté aux débuts de la crise actuelle. Mais la conjonction de l’inflation, de la hausse des taux d’intérêt ou de la flambée des matières premières semble avoir convaincu une partie des Français de renoncer à leurs projets, au moins pour un temps. Selon un sondage de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) relayé par Le Parisien, sur 1.000 personnes interrogées, seules 30% estiment que le contexte est encore favorable à l’achat d’un bien immobilier, contre 58% il y a un an. 33% des sondés jugent que la période est propice aux « bonnes affaires » (-29 points en un an) et 49% estiment que c’est un bon moment pour vendre (-6 points).

L’inflation redoutée par plus de deux tiers des investisseurs

« Ce sondage annonce incontestablement un ralentissement de l’activité immobilière », conclut Jean-Marc Torrollion, président de la Fnaim cité par Le Parisien. L’inflation est la première source d’inquiétude. Ainsi, 68 % des personnes interrogées ayant un projet immobilier redoutent que l’inflation vienne le retarder. Le nombre de compromis de vente entre janvier et mai 2022 a reculé de 3%.

À l’inquiétude liée au pouvoir d’achat s’ajoute la hausse rapide des taux depuis le début de l’année. Après des années d’argent gratuit, la moyenne pour un crédit sur 25 ans est remontée à 1,25% hors assurance au mois de juin. Cela prive une partie de la population, notamment les primo-accédants, de leur capacité d’emprunt. Jean-Marc Torrollion s’attend à une baisse des volumes de vente de l’ordre de 8% à 10% au second semestre.

Le constat reste cependant à relativiser. D’une part en raison de la dynamique persistante du marché français, où les prix continuent globalement d’augmenter à l’exception de Paris. De plus, certains observateurs jugent que la hausse des taux relève davantage d’un retour à la normale que d’une crise, du moins pour l’instant.