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Crédit immobilier : forte hausse du nombre de ménages n’ayant plus accès à l’emprunt

Près de 220.000 ménages qui étaient en mesure d’obtenir un crédit immobilier en 2021 verraient aujourd’hui leur dossier évincé par les banques, selon une étude du courtier Pretto.

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Selon une étude menée par le courtier en ligne Pretto, près de 220.000 ménages ayant obtenu un accord des banques en 2021 pour leur crédit immobilier se verraient opposer un refus en juin 2022. En cause ? Des conditions de marché dégradées avec une hausse des taux de crédit et un taux d’usure (le taux maximum autorisé pour un crédit) bas, rapporte Les Echos, mardi 5 juillet. 

« En réétudiant les dossiers pour lesquels nous avons obtenu un accord des banques en 2021, nous sommes arrivés aux conclusions suivantes : 18 % des dossiers financés en 2021 ne seraient plus finançables dans le contexte de marché de juin 2022 », constate Pierre Chapon, cofondateur de Pretto. 

Accès inégal au crédit immobilier

Ces refus sont inégalitaires. En effet, la proportion de dossiers évincés par les banques s’élève à 30 % pour les ménages ayant un revenu mensuel inférieur à 3.000 euros, alors qu’elle est de 13 % pour les ménages touchant plus de 5.000 euros par mois. Sur 1,2 million de transactions traitées par Pretto l’an dernier, près de 60.000 dossiers n’auraient pas pu obtenir de financement en raison du plafond du taux d’usure, souligne le journal spécialisé. De plus, 160.000 dossiers solvables ont été exclus en raison du taux d’endettement maximal de 35 % autorisé par le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF).

« Le nombre de ménages concernés par la limite du taux d’endettement est certes conséquent, mais il est possible de le contourner avec un apport personnel plus important, une durée du crédit allongée ou en réduisant la superficie du bien », nuance Pierre Chapon dans Le Figaro. Si la hausse des taux se poursuit, Pretto estime que l’exclusion des ménages pourtant solvables pourrait perdurer. Pour le courtier en ligne, la capacité d’emprunt moyen des ménages devrait reculer en volume de 12 % d’ici à la fin de l’année.