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Immobilier : les taux d’intérêt montent encore, de nombreux dossiers rejetés

De décembre à juin, le taux moyen a augmenté de 1,06 % à 1,52 %. Au deuxième trimestre, la production de crédit immobilier a baissé de 12,5 %.

crédit immobilier
Crédit : iStock.

Obtenir un prêt immobilier se révèle de plus en plus difficile ces derniers mois. La raison ? Les taux d’intérêt poursuivent leur remontée. Selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA, le taux moyen a augmenté de 1,06 % en décembre à 1,52 % en juin, rapporte Le Parisien. « D’une dégradation de l’activité de crédit en janvier-février, nous sommes passés à une chute d’activité à partir de mars avec les conséquences de la guerre en Ukraine », analyse Michel Mouillart, économiste pour l’Observatoire Crédit Logement/CSA. Au deuxième trimestre, la production de crédit a baissé de 12,5 %.

« Le marché est bloqué, remarque Maël Bernier, de Meilleurtaux. Le taux moyen sur vingt ans est passé de 1,10 % en janvier à 1,85 % en juillet. » « Sur les barèmes de juillet, des banques proposent des taux à plus de 2 % sur vingt ans et on a même, chose rare, pour la première fois une banque qui propose des taux à 2,10 % peu importe la durée, peu importe le profil », précise Sandrine Allonier, directrice des études de Vousfinancer.

Les taux actuels sont encore en dessous du niveau de l’inflation (5,8 % sur un an en juin selon l’Insee). Et ils compliquent la faisabilité de nombreux projets. De plus, les contraintes réglementaires, notamment un taux d’endettement maximum de 35 % par ménage depuis le 1er janvier, ne facilitent pas la tâche. « Les dossiers respectant les critères d’endettement sont passés de 71 % en janvier 2021 à 59 % en juin 2022, ajoute Maël Bernier. Près d’un tiers des dossiers est retoqué. »

Un « effet ciseau » pour les ménages

Par conséquent, de nombreux acheteurs reportent ou annulent leur projet immobilier. « Les refus touchent maintenant des dossiers pourtant simples et finançables il y a encore peu, précise Violeta Page, mandataire chez Sextant France pour l’Ouest parisien. Dès qu’on est face à un acquéreur potentiel, on vérifie que son plan de financement soit à jour et on lui demande de le réactualiser s’il est antérieur au 1er juillet. »

« En quinze jours, on a eu trois dossiers sûrs de très bons profils, des personnes qui gagnent bien leur vie, qui se sont vu refuser leur crédit. Ça ne nous était jamais arrivé…, poursuit Julien Dupuis, directeur de l’agence Human Immobilier à Auvers-sur-Oise et sur L’Ile-Adam (Val-d’Oise). C’est très inquiétant, car réaliser une vente devient difficile. Il faut que les pouvoirs publics réagissent très vite. » Selon lui, la remontée du taux d’usure, le taux maximal auquel un ménage peut emprunter, est bien trop lente.

Un « effet ciseau » pour bon nombre de ménages. « Le taux d’usure est passé à 2,57 % au 1er juillet pour des emprunts de vingt ans, alors que le taux moyen est à 1,85 % aujourd’hui, déclare Maël Bernier auprès du Parisien. En ajoutant l’assurance et la caution, bon nombre de dossiers ne sont plus dans les clous. » Ce taux d’usure pourrait être réévalué début octobre.