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Crédit immobilier : peut-on bientôt compter sur une baisse des taux ?

Pour effectuer un crédit immobilier, les particuliers ont de plus en plus de mal à supporter le poids financier de la hausse des taux.

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Crédit : iStock.

Une baisse des taux des emprunts immobiliers est-elle imaginable ? Selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA, ils atteignent actuellement 1,68% en moyenne. Sur quinze ans, vous pouvez espérer souscrire un crédit immobilier à 1,57% (hors assurance et garanties) en moyenne, à 1,69% sur vingt ans et à 1,79% sur vingt-cinq ans.

Si emprunter pour un achat immobilier devient de plus en plus coûteux, dans le même temps, le taux auquel l’État s’endette sur dix ans ne cesse de diminuer. En un mois et demi, il est passé de 2,35% à 1,21%, indique Figaro Immobilier. Cet indicateur, baptisé l’OAT, a son importance pour les banques qui fixent leur taux de crédit immobilier en fonction de son niveau. Peut-on donc faire un lien entre la baisse de l’OAT et les taux de crédit immobilier ?

La hausse du coût des liquidités (le prix que paient les banques pour se refinancer) a mis sous pression les marges des banques. « Certains établissements refusant de rogner sur leurs marges, ont dû se résoudre à arrêter les crédits immobiliers », précise Pierre Chapon, fondateur de Pretto, courtier en crédit immobilier.

Les refus de dossiers se multiplient

Selon les spécialistes, les banques ne devraient pas les augmenter. « Les banques vont plutôt utiliser cette baisse de l’OAT pour reconstituer leurs marges, indique Sandrine Allonier, de Vousfinancer. Quelques baisses sont peut-être à attendre en septembre pour les banques qui sont en retard sur leurs objectifs de production mais je n’y crois pas ». « La baisse des taux, c’est fini pour au moins 4/5 ans, analyse Bruno Rouleau, président de l’Association professionnelle des intermédiaires en crédits (Apic). Néanmoins, nous ne pouvons pas exclure quelques à-coups pour freiner la hausse brutale que nous avons enregistrée en six mois ».

Ces baisses de taux seraient les bienvenues dans un contexte où les refus de dossiers augmentent. Près d’un courtier sur deux (45%) affirme que le taux de refus sur les dossiers qu’il présente aux banques, est compris entre 20% et 30%, selon un sondage Opinion System publié par l’Apic. « Du jamais vu ! », selon Bruno Rouleau.

Le nombre de prêts accordés a baissé de plus de 11% entre mai-juillet 2021 et mai-juillet 2022, selon Crédit Logement. « Nous constatons à la fois une baisse de la demande liée à un attentisme des acheteurs mais également une baisse de l’offre de crédit avec des banques moins incitées à prêter dans ce contexte de baisse de la rentabilité des crédits accordés », précise Bruno Rouleau.

À la Banque de France, le discours se veut moins alarmiste. François Villeroy de Galhau, gouverneur de l’institution estime que ces taux n’ont « absolument rien d’exceptionnel ». « Ce sont les anciennes conditions qui l’étaient. Nous allons vers des conditions de financement plus normales qui n’empêcheront pas l’immobilier de bien se financer », a-t-il souligné.