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« Passoires thermiques » : les nouvelles règles compliquent les locations étudiantes

Le marché de la location étudiante est déjà confronté à un déficit d’offres. Une situation que la réglementation sur les « passoires thermiques » a pu aggraver.

passoires thermiques
Crédit : iStock.

Le premier volet de la loi Climat et résilience est entré en vigueur ce mercredi 24 août. Désormais, les propriétaires de « passoires thermiques » ne peuvent plus augmenter les loyers de leurs biens. Cela concerne les logements classés F ou G sur le diagnostic de performance énergétique (DPE), et aussi bien les contrats en cours et reconductions que les nouveaux. Censée inciter les propriétaires à rénover leurs biens et ainsi favoriser la transition énergétique, cette règle a cependant un effet pervers, selon les données de LocService, relayées par Les Échos.

Les « passoires thermiques », facteur de tension

Les petites surfaces prisées des étudiants ne sont en effet pas épargnées par le phénomène des « passoires thermiques ». Or, à l’heure de la rentrée, cette population fait déjà face à un déficit structurel de l’offre, que la réglementation a pu aggraver.

Selon Richard Horbette, directeur de LocService, « beaucoup de propriétaires ont préféré retirer leur logement de la location, soit pour les rénover, soit pour les garder notamment si le coût de rénovation est trop important malgré les aides ». « Certains en ont aussi profité pour les louer, mais pour d’autres usages, comme Airbnb où les contraintes réglementaires sont moindres et les rémunérations beaucoup plus avantageuses », explique-t-il aux Échos.

Mais ce ne serait pas simplement la crainte de ne pouvoir augmenter leur loyer qui a motivé les propriétaires. Les sommes en la matière restent relativement modestes. D’ici 2028, ces mêmes logements seront interdits à la location, et ceux de classe E le seront en 2030. De quoi refroidir les ardeurs. Pour Stéphane Fritz, PDG du réseau d’agences immobilières Guy Hoquet, la rénovation énergétique devra se faire à marche forcée si l’on veut donc éviter une aggravation des tensions sur ce marché dans les années à venir.