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Crédit immobilier : un prêt à 0 % pour les logements énergétiquement vertueux

Alors que les passoires thermiques vont être de plus en plus difficiles à louer, le Crédit Agricole a lancé un crédit immobilier à 0 % pour les logements bien classés.

rénovation énergétique
Crédit : iStock.

La loi climat et résilience mise en place cet été bouleverse le marché immobilier. Celle-ci prévoit en effet des mesures de plus en plus contraignantes à l’égard des propriétaires de « passoires thermiques ». Ce qui rend d’autant plus attractifs les biens bénéficiant déjà d’une note élevée de leur diagnostic de performance énergétique (DPE). Dans cette logique, le Crédit Agricole a lancé au printemps un crédit immobilier à 0 %, réservé aux logements classés A, B ou C, révèlent Les Échos. Une offre qui a été mise en place dans une relative discrétion.

Un crédit immobilier plafonné

Depuis fin août, les bailleurs de logements énergivores (F et G) ne peuvent plus augmenter leurs loyers. Les règles doivent se durcir au fil des années, pour aboutir à l’interdiction de la mise en location des logements classés E, F et G. L’offre du Crédit Agricole a donc de quoi séduire, a fortiori dans un contexte de hausse des taux. Elle reste cependant limitée intrinsèquement, mais aussi par le marché. Ce « prêt immobilier durable » à 0 % est limité à 50.000 euros et à 10 % du besoin total de financement.

Toutefois, le Crédit Agricole est essentiellement présent à Paris et en Île-de-France (hors Seine-et-Marne). Une zone dans laquelle les biens récents ou déjà rénovés ne sont pas légion. Les logements classés A, B ou C ne représentaient qu’environ un quart des transactions en 2020 dans le secteur. De l’aveu même de la banque, cette offre restera à la marge. Elle a concerné 524 emprunts depuis son lancement en avril.

« Avec ce plafond de 50.000 euros, nous couvrons aussi bien l’achat d’un appartement, qui nécessite chez nous un emprunt moyen de 300.000 euros, que celui d’un pavillon neuf générant un besoin de financement moyen de 500.000 euros », affirme toutefois aux Échos Guy Poyen, directeur marketing et digital clients du Crédit Agricole.

L’enseigne défend une mesure en accord avec ses engagements sociétaux et environnementaux, mais aussi un choix éclairé. « Ces biens auront logiquement un risque de décote plus faible à la revente que les passoires thermiques. [Les clients] seront plus à même de rembourser leur crédit par anticipation ou de dégager une plus-value à réinvestir », note Guy Poyen.