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Faut-il solder son crédit immobilier en période d’inflation ?

Lorsque l’on dispose de liquidités, on peut être tenté de vouloir se séparer de son crédit immobilier. Mais en période d’inflation, il peut être plus avantageux de le conserver.

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Crédit : Getty Images

Même dans un contexte économique difficile, les rentrées d’argent importantes restent possibles à la faveur d’une prime, d’une vente immobilière, d’un héritage… Dans une telle situation, le premier réflexe peut être de vouloir liquider ses dettes, au premier rang desquelles le crédit immobilier. Mais en période de forte inflation, ce n’est pas nécessairement la meilleure solution, selon plusieurs analystes interrogés par Les Échos. Certes, en principe, un remboursement par anticipation est une bonne affaire puisqu’il diminuera le coût total du crédit. A fortiori si l’emprunteur a négocié la suppression de l’indemnité de remboursement anticipé. Cela permet d’épargner cette somme.

Le crédit immobilier protecteur

Cependant, nombre de crédits en cours ont bénéficié des taux extrêmement bas de ces dernières années. « Il ne faut jamais se priver de l’effet de levier du crédit dans un contexte où les taux d’intérêt sont encore bon marché même s’ils remontent », note Didier Mahieu, directeur de la gestion de patrimoine chez Cyrus Conseil. Cela permet en plus de réaliser une épargne « forcée » et de se constituer un patrimoine immobilier dans le temps. Par ailleurs, plus le temps passe, plus les mensualités servent à rembourser le capital plutôt que les intérêts. Il faut également tenir compte de l’assurance en cas de décès ou d’incapacité qui protège un conjoint lors d’un crédit en cours, puisque le restant dû sera remboursé par l’assurance.

Conserver un crédit immobilier peut aussi avoir un intérêt fiscal, notamment s’il s’agit d’un investissement locatif. « Les intérêts du prêt attaché à ce type de bien sont entièrement déductibles des revenus fonciers. En supprimant ce crédit tout en gardant le bien locatif, le contribuable s’expose à une fiscalité plus lourde », rappelle aux Échos Stéphane Van Huffel, co-fondateur de Net Investissement. Une dette immobilière peut également permettre de s’extraire de l’impôt sur la fortune immobilière.