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DPE : les estimations encore trop variables pour une même maison

L’UFC pointe aussi du doigt le manque de professionnalisme des diagnostiqueurs qui réalisent les DPE et préconisent parfois des travaux inutiles.

DPE
Le nouveau DPE. Crédit : Ministère de la Transition écologique

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) n’en finit pas d’hérisser les propriétaires. Ce classement des logements de A à G en fonction de leur consommation d’énergie doit désormais être clairement affiché par les agences immobilières et les particuliers sur leurs annonces, depuis le 1er janvier 2022. Seulement voilà, malgré des modifications dans les méthodes de calcul, les diagnostics varient pour un même espace de vie. C’est d’ailleurs le constat de l’UFC-Que choisir, qui a passé au crible 34 diagnostics effectués dans sept maisons localisées dans diverses régions de l’Hexagone. Et les résultats de cette enquête sont édifiants.

Pour commencer, seule une maison sur les sept qui ont été l’objet d’une étude de l’association de consommateurs possédait une classe énergétique similaire. Plus flagrant encore, une maison a obtenu l’étiquette E… et également l’étiquette B. Cela représente trois classes d’écart, ce qui est plutôt étonnant lorsque l’on connait les installations innovantes de la demeure (chauffe-eau thermodynamique, panneaux photovoltaïques, ossature en bois etc.).

Un DPE au coût variable

Mais ce n’est pas tout. L’UFC pointe du doigt le manque de professionnalisme des diagnostiqueurs qui préconisent parfois des travaux inutiles. Pour un même bien, on peut ainsi retrouver des devis estimés entre 3.000 € à 30.000 €. « Ainsi pour une même maison, d’un rapport à l’autre, les causes majeures des déperditions peuvent varier du tout au tout. Quand l’un juge la toiture bien isolée, un autre la considère fortement déperditive… Ailleurs, les murs participent à 49% du total des pertes de chaleur, ou seulement à 19% », regrette l’UFC-Que Choisir.

« Un diagnostiqueur propose même de changer les portes-fenêtres et les fenêtres d’une maison, ce qui ferait gagner 6 kWh/m² par an. C’est dérisoire quand on pense qu’un fer à repasser a une puissance de 2,5 kWh. Et c’est ridicule comparé à la consommation totale du logement de 250 ou 280 kWh/m² par an. Cette dépense conséquente ne suffit pas à changer d’étiquette», explicite la journaliste spécialisée dans les questions énergétiques chez l’UFC-Que Choisir, Elisabeth Chesnais.

Bien évidemment, s’il souhaite vendre ou louer son bien, un consommateur choisira de conserver le diagnostic qui lui est le plus avantageux. Pourtant, tous les diagnostiqueurs contactés par l’association de consommateurs pour étudier les sept maisons sont certifiés par le gouvernement qui les affiche sur sa page web. Aussi, même si le prix d’un DPE varie entre 100 et 300 euros selon le lieu d’habitation et les professionnels, il conviendra, selon l’UFC-Que Choisir de faire réaliser plusieurs diagnostics et de garder le mieux étiquetté. « C’est la loterie. Un festival d’erreurs, de contradictions d’un diagnostiqueur à l’autre. On en arrive à demander que les DPE soient suspendus jusqu’à ce que l’Etat forme mieux les diagnostiqueurs », conclut Elisabeth Chesnais.