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Passoires thermiques : un propriétaire sur quatre veut vendre

Plus d’un quart des propriétaires bailleurs de passoires thermiques (classées E ou F) comptent vendre face aux obligations de rénovation énergétique.

passoires thermiques

L’entrée en vigueur de la loi « Climat et Résilience » réglementant notamment les passoires thermiques en août 2022 bouleverse le marché immobilier, que ce soit sur le plan des transactions ou de la location. Un sondage mené par la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) met en garde contre certaines conséquences de cette mesure. Il révèle les difficultés que peuvent rencontrer les propriétaires pour rénover leurs biens. Beaucoup préfèrent vendre, subir l’encadrement des loyers ou contourner la réglementation.

La rénovation des passoires thermiques pèse sur l’offre locative

Les atermoiements autour de la pertinence du diagnostic de performance énergétique (DPE) n’ont pas facilité les choses. Cette question semble désormais réglée, mais pour nombre de propriétaires bailleurs, le défi est trop grand. Selon le sondage mené auprès des adhérents de la Fnaim, gestionnaires locatifs et syndics, 26 % des propriétaires passoirs thermiques comptent vendre leur bien plutôt que de se lancer dans les rénovations. 31% comptent continuer de louer en l’état. En effet, si l’interdiction de location de ces biens entre en vigueur au 1er janvier 2023, elle ne s’applique pas aux baux en cours. Un chiffre probablement sous-évalué, puisque 5% des répondants ont affirmé vouloir récupérer la gestion de leur bien, probablement pour le louer eux-mêmes. 6% des sondés affirment vouloir passer en location saisonnière de type Airbnb, qui n’est pas soumise à ces obligations. 

En fin de compte, seul un tiers des loueurs de passoires énergétiques comptent rénover leur bien. Parmi les raisons invoquées, on retrouve bien sûr le coût des travaux. Malgré le dispositif MaPrimeRenov’, le reliquat reste souvent important. Mais les bailleurs pointent également les difficultés techniques, la soumission des travaux au vote de l’AG des copropriétaires, la présence d’un locataire ou la disponibilité des artisans.

La Fnaim relève les conséquences que la règle risque d’avoir sur le parc locatif français. Entre les ventes, les travaux, les interdictions et les passages vers le marché touristique, ce sont quelque 250.000 logements qui pourraient disparaître des petites annonces. Le phénomène pourrait par ailleurs s’inscrire dans la durée, puisque les restrictions vont être progressivement étendues aux logements de catégorie E.