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Assurance emprunteur : des économies et des doutes

En un mois, des milliers d’emprunteurs français ont changé de contrat d’assurance pour un moins cher à la faveur de la dernière réforme.

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Depuis l’entrée en vigueur du dispositif, plusieurs associations de consommateurs et assureurs accusent certaines banques de bloquer les demandes en jouant sur le flou qui entoure la question de la date anniversaire de la souscription de l’assurance emprunteur. Crédit: iStock.

La réforme de l’assurance emprunteur aurait difficilement pu mieux tomber pour les contractants ou titulaires d’un crédit immobilier. Entrée en vigueur le 1er septembre, elle affiche déjà des résultats impressionnants. Certains acteurs du secteur relativisent cependant son impact. Voté en février 2022, ce texte permet de changer à tout moment d’assurance emprunteur. Une façon de libéraliser un marché essentiellement trusté par les banques, alors que celles-ci étaient régulièrement accusées d’augmenter les taux lorsque le contractant préférait s’assurer ailleurs pour moins cher.

Assurance : des écarts qui se réduisent

L’effet s’est vite fait ressentir, rapporte Le Parisien. En quelques semaines, des milliers de Français auraient changé de contrat. Selon la députée Patricia Lemoine, initiatrice de la réforme, en un mois, « les économies réalisées se situent entre 8.000 et 15.000 euros, d’après les premiers retours que je peux avoir des différents acteurs du marché ». Attendue depuis plusieurs années, la réforme intervient en pleine crise du pouvoir d’achat et que toutes les économies sont bonnes à faire. Elle devrait également permettre aux candidats au crédit, confrontés à la hausse des taux, d’agrandir un peu la fenêtre que le taux d’usure limite. Un avantage qu’embrassent aussi les banquiers.

« Cette loi est une vraie réussite pour le pouvoir d’achat des Français. Depuis juin, les demandes sont tous les mois en hausse de 20 % par rapport au mois précédent », affirme au Parisien Maël Bernier, porte-parole de Meilleurtaux.fr. Le secteur se félicite également de la réactivité des banques qui « jouent le jeu ».

Il demeure cependant quelques ombres au tableau. La réforme a également supprimé le questionnaire de santé pour l’ensemble des prêts d’un montant inférieur à 200.000 euros souscrits par les moins de 60 ans. Cela a provoqué une augmentation des primes de la part des assureurs. L’écart entre les banques et les assureurs alternatifs se réduit également, mais il reste intéressant. « Le taux classique, sans questionnaire, d’assurance de prêt pour un quarantenaire sans souci de santé est de 0,40 chez une banque, et 0,20 chez un assureur alternatif. C’est toujours deux fois mieux », relève la communication de Meilleurtaux.