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Immobilier : les prix augmentent fortement en France

Dans le sud, et sur la côte ouest, l’immobilier a tellement de succès que certains aspirants acheteurs sont confrontés à des pénuries.

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Crédit: iStock.

Voilà de longs mois que les Français vivent au rythme de l’inflation qui n’a de cesse de raboter leur pouvoir d’achat. Et le marché immobilier n’échappe pas à la hausse des prix, observe Guy Hoquet, dans son baromètre dédié, diffusé jeudi 13 octobre 2022. Dans l’ancien, les prix au m2 ont bondi de 7,2% de janvier à septembre.

Plus précisément, ce sont surtout les maisons qui ont augmenté (10,9% au prix du m2, contre 4% pour les appartements).  « Cette tendance était la même l’an dernier, c’est l’effet Covid-19 », précise Stéphane Fritz, le PDG de Guy Hoquet sur Europe 1. « Les demandes des acheteurs ont changé. Les gens veulent une pièce en plus, pour chaque enfant, pour faire du télétravail, un peu de jardin, un balcon », poursuit-il.

Vendre son bien immobilier au lieu de le rénover ?

Mais les hausses ne sont pas réparties de façon homogène dans l’Hexagone. Ainsi, selon la logique de l’offre et de la demande, pour acheter dans les régions les plus prisées, il va falloir allonger la monnaie. Dans le sud, et sur la côte ouest, existent désormais des pénuries de biens. C’est par exemple le cas à Montauban et à Nice. Effet inverse dans les métropoles comme Paris, Lille et Lyon où le prix s’est stabilisé. Seule Marseille échappe à cette généralité : avec 8,5% de plus sur le mètre carré, la cité phocéenne profite de son succès dû à sa qualité de vie et à son réaménagement, entre autres. Autre fait notable, l’augmentation de biens mis à la vente en Île-de-France, en particulier pour ceux situés dans la deuxième couronne (+21%).

Si l’on regarde de plus près les logements anciens à la vente, 8% sont des « passoires énergétiques », selon le baromètre diffusé. C’est un point de plus que l’an dernier. Si l’augmentation est minime, certaines villes regorgent de biens énergivores (F et G), à l’image de Limoges, Rouen ou Annecy. En Île-de-France, le compteur s’affole : entre janvier et septembre 2022, +28% de passoires thermiques ont été mises en vente, soit 11% des logements sur le marché francilien. « Il y a un réel enjeu car les loyers sont beaucoup plus élevés et l’interdiction de louer les G va impacter les propriétaires », analyse Stéphane Fritz. « Le coût des travaux est beaucoup plus élevé à Paris qu’en province, donc il y a un vrai impact », poursuit-il.

Alors faut-il utiliser les aides de l’Etat pour transformer son bien énergiquement, ou alors vendre ? Nombreux sont les propriétaires qui ont choisi la deuxième option. « Il y a une hiérarchie dans les classes », estime le PDG de Guy Hoquet. « Les classes A à C sont vendues en moyenne en France entre 3.200 et 3.700 euros prix/m2 moyen, tandis que les classes F et G sont vendues au prix de 2.500 euros/m2. » Car passer d’une classe énergétique à une autre n’est pas donné. « On parlerait en moyenne de 17.000 euros sur un 50m2 », pour Stéphane Fritz, qui reste prudent : « Le volume risque de rester le même mais on sait que le marché va bouger. Les mois à venir vont être un peu plus compliqués, avec un impact sur la location notamment. »