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Hausse des taux et de la durée : les conditions d’emprunt se dégradent encore

L’Observatoire Crédit Logement CSA alerte sur la hausse des taux et l’allongement de la durée de l’emprunt immobilier, qui ne suffit cependant pas à compenser la hausse des prix.

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Crédit : iStock.

L’achat immobilier va-t-il vraiment devenir un parcours du combattant ? Les données négatives se succèdent concernant les difficultés d’accès à l’emprunt. Avec la relevée des taux et les contraintes des seuils d’usure et d’endettement, les exigences d’apport exploseraient dans plusieurs régions. Et la situation ne semble pas s’améliorer, selon les chiffres de l’Observatoire Crédit Logement CSA. En septembre, la hausse des taux moyens sur un an a augmenté de 88 points de base. Ils s’établissent désormais à 1,78% en moyenne (1,74% pour un prêt sur 15 ans, 1,98% pour un prêt sur 25 ans), rapportent Les Échos.

Un emprunt long et cher pour des surfaces limitées

Cela malgré des décisions qui ont freiné la hausse : « la remontée a été bridée par un taux d’usure faiblement revalorisé pour le troisième trimestre », précise l’observatoire. « Entre la fin 2022 et la fin 2023, les taux devraient se situer dans un mouchoir de poche aux environs de 2,40% », précise aux Échos son directeur, Michel Mouillart. Un contexte qui aurait sur le marché du crédit des effets que l’on n’avait pas vu depuis la crise des subprimes de 2008. La production a chuté de près d’un tiers sur les mois d’août et de septembre par rapport à 2021. Des chiffres bien plus alarmistes que ceux de la Banque de France qui n’utilise cependant pas le même périmètre de données.

L’observatoire alerte également sur un allongement exceptionnel de la durée des crédits. Avec une moyenne de 241 mois, elle atteint un niveau « jamais observé ». À titre de comparaison, elle était de 163 mois en 2001. « Mais cet allongement n’est plus suffisant pour compenser les conséquences de la hausse des prix des logements ou amortir les conséquences de l’augmentation des taux d’apport personnel exigé. » Par conséquent, les ménages rognent sur la surface, sans compenser totalement l’évolution des taux et des prix. Ils doivent donc s’endetter davantage et sur plus long terme pour des biens moins grands.