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Prime, crédit : quelles nouvelles aides pour les travaux de rénovation énergétique

Malgré MaPrimeRénov’, les travaux de rénovation énergétique efficaces restent chers. Les banques proposent donc des solutions pour financer le reste à charge.

rénovation énergétique
Crédit : iStock.

Les travaux de rénovation énergétique sont au cœur des débats politiques concernant l’immobilier, et préoccupent également les organismes de crédit. Le marché a été, en effet, grandement chamboulé au cours des derniers mois. La remontée des taux, l’incertitude économique, l’encadrement du taux d’endettement et l’« effet ciseaux » du seuil d’usure ont compliqué l’accès à l’achat. Ce qui impacte par ricochet le marché de la location, déjà contraint par l’application des interdictions de location des « passoires thermiques » qui entrera en vigueur en 2023, et doit être durcie au fil des années.

Des travaux de rénovation énergétique encore trop chers

Le dispositif MaPrimeRénov’ offre une aide aux propriétaires qui veulent améliorer les performances de leur logement. Mais ses premières années d’utilisation ont révélé des failles, et que pour de nombreux propriétaires, le reliquat des travaux reste trop important. Ils préfèrent donc se retourner vers des solutions moins coûteuses, mais qui ne favorisent pas la dynamique du marché.

Pour contrer ce cercle vicieux, le Gouvernement a déjà annoncé recentrer en 2023 MaPrimeRénov’ sur les chantiers les plus performants, avec des aides qui devraient donc être moins nombreuses mais plus importantes. D’autres initiatives ont émergé au niveau parlementaire, sans grand succès. Un amendement avait été proposé pour déduire des impôts les intérêts d’emprunt pour l’acquisition d’un bien écoresponsable, mais rejeté en raison de son coût jugé trop élevé, détaillent Les Échos. Un autre amendement défend un crédit d’impôt pour amortir ce reste à charge en complément de MaPrimeRénov’. Voté par l’Assemblée nationale, il devrait cependant faire les frais d’un recours au « 49-3 » par le Gouvernement.

Le crédit à la consommation verte comme alternative

Le secteur privé tente donc lui aussi de proposer des solutions. Plusieurs banques ont lancé ou travaillent sur des crédits à taux plus bas pour les logements affichant un DPE classé A, B ou C. C’est notamment le cas du Crédit Agricole ou de La Banque postale, rapportent Les Échos. Mais ces mesures se heurtent à la faible part du parc immobilier en la matière. La rénovation semble donc une piste plus prometteuse.

Le prêt avance rénovation, garanti par l’État, peut être sollicité, mais reste assez contraignant. Pour l’instant, les banques misent donc sur des crédits à la consommation proposant des taux assez bas (entre 1,5% et 2,2% selon les cas), conditionnés à un usage pour des travaux de rénovation énergétique. Leur coût reste relativement modique, à l’image des sommes avancées. En moyenne, une rénovation permettant un changement de classe énergétique se chiffre entre 25.000 et 40.000 euros. En tenant compte de MaPrimeRénov’ et d’un éventuel apport, l’emprunt tournera souvent autour de 10.000 euros. D’autres acteurs plaident pour une hausse du plafond d’endettement dans le cadre de l’achat d’un bien peu énergivore ou d’un projet de rénovation.