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L’immobilier pas épargné par la crise énergétique

Après avoir connu une forte demande, les zones rurales ne sont plus les stars du marché, constate le réseau Laforêt Immobilier.

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La crise énergétique va-t-elle rapprocher les ménages des centres urbains ? Depuis quelques semaines, les professionnels de l’immobilier constatent un retour de la demande de biens situés à proximité directe des villes, si ce n’est au cœur de celle-ci. La faute, selon les Echos, aux prix des carburants et du chauffage qui augmentent, et ne rendent plus les campagnes aussi attractives qu’auparavant. « Ce que nous constatons sur notre plateforme, c’est que la baisse de la demande est plus importante pour les maisons que pour les appartements. On revient sur une recherche un peu plus urbaine. Les biens situés plus en périphérie marquent le pas », précise Philippe de Ligniville, directeur général adjoint de Bien’ici.

Crise énergétique et DPE

Même si les maisons ont davantage augmenté que les appartements durant les douze mois qui se sont écoulés, la situation énergétique française a évolué. Et les préoccupations des acheteurs avec. « Lorsqu’ils visitent un logement, les gens veulent vraiment savoir quelle est sa consommation énergétique », raconte-t-il. D’ailleurs, le fameux diagnostic de performance énergétique (DPE), est devenu un élément clé des ventes qui peut faire baisser le prix, si l’objet immobilier est mal classé. Car un bien énergivore fera grimper les factures.

Désormais, avant de partir en banlieue ou en zone rurale, « les ménages sortent leur calculette », selon le président de Laforêt Immobilier, Yann Jéhanno. Car l’utilisation de la voiture, pour emmener ses enfants à l’école ou les accompagner à leurs activités sportives risque d’alourdir le budget des ménages qui, par ailleurs, auront sûrement besoin de s’équiper d’un deuxième véhicule. Même chose au sujet du chauffage. C’est ainsi que certains territoires voient baisser la demande. « Les acheteurs y regardent de plus près avant d’acheter une maison isolée avec un jardin, qu’elle soit dans le Vexin, dans la Beauce ou ailleurs. A cause de la hausse des frais énergétiques. Et parce que les prix de ce type de biens ont pu prendre de 15 % à 20 % en deux ans, sans que cela soit justifié par l’arrivée de nouveaux services », poursuit Yann Jéhanno.

La ville de Bordeaux, avec son plan de rénovation urbain et l’arrivée du TGV, a su attirer de nouveaux acquéreurs. « Les résidences semi-principales, les résidences secondaires et les maisons en milieu rural ne sont plus les stars du marché », complète-t-il. Selon lui, il s’agit d’un rééquilibrage du marché, avec le périurbain en tête.