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Paris : des locataires reçoivent 250.000 euros de trop-perçus par leur bailleur

150 locataires du bailleur Paris Habitat vont recevoir en moyenne 1.600 euros qu’ils avaient avancés. Détails.

Paris
Crédit: iStock

Pour 150 locataires de Paris Habitat, c’est le jackpot ! En effet, le bailleur social le plus riche de la Ville de Paris rembourse, depuis quelques mois, un trop-plein perçu de charges de gaz. Ainsi, les bénéficiaires vont percevoir en moyenne 1.600 euros qu’ils avaient avancés. Le Parisien rappelle qu’au total, le bailleur avait empoché 250.000 euros. « Pour les locataires les plus modestes, cela représentait jusqu’à deux ou trois loyers », indique le président de l’Amicale Paris Plaine, App15, Pascal Batista. Dans un premier temps, le dernier loyer de ces locataires a été annulé. « Les dernières régulations arrivent ce mois-ci », précise Paris Habitat.

« Paris Habitat ne communiquait pas »

L’histoire contée par nos confrères remonte à 2019, dans le XVème arrondissement de la capitale, où un immeuble neuf est construit. « On s’est rendu compte qu’on n’avait pas eu de régulation de charges comme chaque année, se souvient Pascal Batista. Idem en 2020 et 2021. » Malgré des alertes du collectif de locataires auprès du bailleur, rien ne bouge. « La crise Covid n’a pas aidé », tente de se justifier le président de l’Amicale Paris Plaine. Et d’ajouter : « Le bailleur évoquait des retards, sans précision. »

Face à la lenteur des procédures, la CLCV, puissante association de défense des locataires est saisie. En avril 2022, une forme de conciliation est engagée entre les différents acteurs, au cours de laquelle le bailleur est enjoint à rembourser par Philippe Goujon, le maire du XVème arrondissement. Du côté de chez Paris Habitat, on tente de sauver les meubles. « À l’origine, il y a le compteur de gaz de l’immeuble qui semblait défectueux, raconte l’un de ses cadres au média. En se basant sur la consommation de nos autres immeubles neufs, cela nous semblait anormalement bas. On a donc décidé de facturer les charges selon les barèmes habituels, tout en demandant à GRDF de vérifier son compteur. »

Pascal Batista regrette que la régulation ait tardé. « D’abord, on n’est pas responsable de GRDF, et le problème, c’est que Paris Habitat ne communiquait pas. Ce n’est que la veille de l’assignation, quand ils ont compris qu’on allait en justice, qu’ils se sont manifestés. Tout d’un coup, tout était régularisé ! ». Et la pratique ne serait pas isolée. « Cette histoire emblématique n’est que la partie émergée de l’iceberg », estime l’administrateur de Paris Habitat représentant les locataires pour la CLCV, Jean-Jacques Anding. Dans la structure « on est débordé par des demandes de locataires HLM qui dénoncent des charges indues et opaques. » De son côté, malgré diverses accusations, l’ancien patron de Paris Habitat persiste et signe : « Nous ne sommes pas une entreprise artisanale mais industrielle. »