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Sa ferme squattée et saccagée, un agriculteur retraité contraint à la précarité

La ferme d’un agriculteur du Var est squattée depuis trois ans par un locataire qui ne paye plus ses loyers, et ce, malgré une décision de justice.

Squattée
©Capture d’écran/ BFMTV

C’est un nouvel exemple des difficultés que peuvent rencontrer les propriétaires face à des locataires squatteurs que rapporte BFMTV, mardi 8 novembre. Cette fois-ci, le bien en question est une ferme, dont les loyers impayés mettent le propriétaire dans une situation de précarité. À cela s’ajoute la destruction des plants. La parcelle se trouve à Arcs-sur-Argens (Var). Le propriétaire, Jean-Louis, avait trouvé un locataire en vue d’une possible acquisition en 2016 alors qu’il approchait de l’âge de la retraite. Mais depuis 2019, le locataire ne verserait plus de loyer, affirme-t-il à BFMTV.

Une décision de justice vieille de près d’un an

Le 16 décembre 2021, le tribunal a ordonné au locataire de quitter les lieux immédiatement. Le propriétaire a fait une demande à la préfecture via un huissier pour faire appliquer le jugement, mais celle-ci n’a pas pu être prise en compte en raison d’une erreur de procédure, précise Nice-Matin. De plus, le locataire a fait appel et une nouvelle audience est prévue en février 2023. La situation pourrait donc perdurer encore au moins quelques mois. D’autant plus que la trêve hivernale empêche en effet l’expulsion des locataires, même en cas d’impayés de loyer, entre le 1er novembre et le 31 mars.

Jean-Louis affirme que le locataire lui doit quelque 60.000 euros. Un manque à gagner qui oblige ce sexagénaire à vivre dans une caravane prêtée par un ami. Il explique avoir dû reprendre le travail cet été, alors qu’il a atteint l’âge de la retraite, et devoir prendre des crédits pour s’en sortir. À cela s’ajoute la tristesse de voir son exploitation laissée à l’abandon. « C’est une terre qui ne demande pas mieux que de produire », déplore-t-il. Plusieurs centaines de pieds de figuiers ont été arrachés et la parcelle accueille désormais des véhicules désossés.

Face aux loyers impayés, le ministère de la Justice affirme élaborer un « plan d’action ». Mais le gouvernement répugne à assimiler les locataires en difficulté à des squatteurs. Le ministre du Logement avait notamment rappelé les « situations humaines très complexes » souvent à l’œuvre dans ce type de cas.