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Votre immeuble risque-t-il de s’effondrer ? Voici les signes d’alerte

Les fissures sur les murs ou sur les plafonds peuvent être un premier signe d’alerte d’effondrement de votre immeuble.

Immobilier
iStock

Quatre ans après Marseille. À Lille, le week-end dernier, une personne a trouvé la mort dans l’effondrement de deux immeubles. Sans l’intervention de trois étudiants, qui ont appelé la police municipale et les pompiers, le bilan aurait pu être plus lourd. À première vue, ni la vétusté ni l’insalubrité des immeubles ne seraient à l’origine du drame. « Personne ne pouvait prévoir ce drame. Il n’y avait aucun signe avant-coureur », affirme Olivier Klein, ministre du Logement. Ce dernier a annoncé la création d’une mission d’étude pour déterminer les causes de l’effondrement.

Les fissures sur les murs ou sur les plafonds peuvent être un premier signe d’alerte d’effondrement. Elles s’expliquent par l’état de l’immeuble mais aussi par des travaux de peinture mal réalisés. « Si la taille de la fissure fait entre deux et cinq millimètres, elle est à surveiller. Si elle est supérieure à cinq millimètres, n’hésitez pas à prévenir votre syndic », indique au Figaro Christine Leconte, présidente du Conseil national de l’Ordre des architectes. La pose de capteurs peut être réalisée pour surveiller l’évolution de la fissure. « La fissure peut s’élargir ou se refermer en fonction de la dilatation des matériaux de construction », précise Pierre Alvarez, directeur technique de Bureau Veritas Solutions.

Des bruits de craquements, des difficultés à fermer les fenêtres…

Si votre immeuble bouge, soyez également vigilants. Prévenez votre syndic à la moindre secousse suspecte. « L’origine peut être liée à la vétusté ou à des désordres liés à des travaux mal réalisés mais elle peut être également extérieure au bâti comme un incendie, des mouvements de terrain ou une inondation qui ont fragilisé la structure », détaille Pierre Alvarez. « Les mouvements peuvent aussi être liés à des travaux réalisés dans un immeuble mitoyen comme un ravalement qui peut entraîner son affaissement », prévient, à son tour, Christine Leconte.

Plusieurs autres signaux sont des repères : des difficultés à ouvrir ou fermer des fenêtres ou des portes, pendant plusieurs jours ; un bruit inhabituel comme un craquement de charpente ou si vous avez constaté des bouts de plâtre qui tombent. Dans ces cas-là, vous pouvez le signaler à votre syndic qui, si besoin, pourra faire venir un expert. « Certaines villes sont, par exemple, construites sur d’anciennes carrières. Des infiltrations d’eau peuvent générer l’apparition de fontis et fragiliser l’assise des bâtiments », ajoute Pierre Alvarez.

Le Gouvernement souhaite rénover 700.000 logements par an. Les syndics de copropriété sont donc encouragés à réaliser des travaux de rénovation énergétique. « Avant de réaliser ces travaux, un état des lieux global de l’immeuble s’impose pour éviter qu’ils mettent en péril sa structure », conseille Pierre Alvarez.