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Copropriétés : à Paris, la crise énergétique fait flamber les charges

Dans les copropriétés parisiennes, la flambée des prix des charges fait craindre une impossibilité de rénovation énergétique. Détails.

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Crédit: iStock.

Coup dur pour les habitants des copropriétés parisiennes. En effet, selon une étude de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) du Grand Paris, ces charges collectives ont augmenté d’environ 7 % l’an passé. Pour obtenir ces résultats, 104.000 lots ont été étudiés. Plus précisément, en 2021, les 1,2 million d’habitants qui logent dans des copropriétés de la capitale ont payé plus de 38 euros par m² (m² assuré incluant l’ensemble de l’immeuble ainsi que les parties communes et les lots annexes), rapporte Le Figaro immobilier. Autrement dit, plus de 2.159 euros par lot (ou 180 euros par mois), est-il détaillé.

Les copropriétés parisiennes impossibles à rénover ?

Et la crise énergétique n’y est pas pour rien. À Paris, en 2021, il s’agit du poste qui subit la hausse la plus importante +19,1 %. « Il faut s’attendre à une hausse bien plus élevée en 2022 car ce chiffre ne concerne pas toutes les copropriétés dont le contrat, qui arrivait à échéance, a été renégocié à la hausse », avertit le vice-président de la Fnaim du Grand Paris, Olivier Princivalle. Mais d’autres foyers de dépense n’ont pas non plus été épargnés par des hausses : l’entretien des ascenseurs et l’eau ont respectivement bondi de 11,1 % et de 7,6 %. Même chose du côté des assurances et de l’électricité qui ont chacune grimpé de 5,7 %. Néanmoins, les frais de personnel (gardiens, personnels d’entretien…) décrochent, en valeur absolue, la palme de ce qui a le plus coûté aux copropriétaires parisiens en 2021 : 568,59 euros par lot (soit 10,15 euros par m² assuré).

Mais en dépit de l’augmentation des charges, aucune hausse d’impayés sur l’année 2021 n’a été constatée par la Fnaim. Une situation qui ne devrait pas durer pour l’année en cours et celle à venir. « Si l’hiver 2022 est rigoureuxbeaucoup de copropriétés n’auront pas la trésorerie nécessaire pour faire face au paiement des facturesmalgré le bouclier tarifaire pour celles qui en bénéficient car les remboursements sont souvent perçus avec un décalage de cinq mois, explique Olivier Princivalle auprès de nos confrères. Nous verrons les premiers signes dès mars 2023 avec la régularisation des charges (différence entre le budget prévisionnel et les charges réelles, NDLR)»

En filigrane de cette augmentation des charges, la fragilisation du pouvoir d’achat des ménages et – souvent – l’impossibilité de réaliser des travaux nécessaires à la rénovation du logement. D’ailleurs, avec 2,5 milliards d’euros engagés à cette fin pour 202, les travaux de rénovation ont baissé d’environ 12% par rapport à l’an passé. Selon la Fnaim, cela ne va pas s’arranger. « Avec l’inflation, les travaux vont coûter de plus en plus cher et les copropriétaires risquent de donner priorité au paiement des charges », admet Olivier Princivalle. Pareil pour la rénovation énergétique. « Pour sortir du statut de passoire thermique, des travaux lourds s’imposent. Mais étant donné les contraintes architecturales et la complexité des travaux, sans parler de leur coût, beaucoup de copropriétés parisiennes ne pourront envisager des rénovations globales. » Ce sujet n’est donc pas à l’ordre des priorités.