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DPE : la FNAIM présente son nouveau baromètre

La FNAIM encourage par exemple la solidarité entre copropriétaires en rendant le DPE collectif opposable. Explications.

passoires thermiques
iStock

Les étiquettes énergétiques des logements sont-elles en train de changer progressivement de couleur ? C’est avec pour objectif de répondre à cette question que la FNAIM a dévoilé, lundi 5 décembre, son nouveau baromètre trimestriel des DPE. Car le calendrier se resserre : la loi Climat et résilience prévoit une interdiction progressive de louer des logements classés G, F ou E. 

« Nous proposions aux pouvoirs publics depuis longtemps que soit mise en place une cartographie du DPE à l’échelle des villes. Sans viser encore l’exhaustivité sur toutes les villes, ce baromètre est un bon premier pas. », explique le président de la FNAIM, Jean-Marc Torrollion. « Nous souhaitons que cet outil soit utile à tous les pouvoirs publics – Gouvernement, parlementaires et élus locaux – pour établir, en collaboration avec les professionnels de l’immobilier, un plan de rénovation d’ampleur du parc immobilier, et notamment dans les secteurs où c’est le plus nécessaire. »  

638.542 DPE réalisés au troisième trimestre 2022

Chaque trimestre, de nombreux DPE sont réalisés en France : 594.388 sur les trois premiers mois de 2022, 704.745 sur les trois suivants et 638.542 au troisième trimestre.  « Le nouveau DPE, depuis les dernières corrections effectuées, est un indicateur fiable. Ce baromètre trimestriel sera, pour l’ensemble des acteurs, un instrument indispensable. S’il permet un état des lieux à date, son suivi permettra de voir l’évolution des DPE, et donc d’évaluer la réussite du chantier de la rénovation énergétique du parc immobilier français » détaille Yannick Ainouche, président de la CDI FNAIM. 

Ce qui ressort d’abord du baromètre, c’est la répartition inégale des logements énergivores sur le territoire. Dans les départements méditerranéens que sont le Var, les Bouches-du-Rhône ou l’Hérault, moins de 10 % des logements sont classés F ou G, alors qu’en Lozère le chiffre monte à 41,5 %. Sur les 100 plus grandes villes de France, le constat est encore plus édifiant. La capitale compte ainsi 40 % de logements classés F ou G alors que cette part est réduite à 7,7 % à Montpellier, par exemple. Autre constat des experts, plus une ville compte de logements neufs ou récents, plus la note est bonne, à l’inverse des villes constituées d’un parc vieillissant.

Quels sont ces logements étiquetés F ou G ? « Ce sont essentiellement des maisons, de petite taille, chauffées au fioul et souvent anciennes. La majeure partie de ces logements sont dans le parc locatif, et pour beaucoup en altitude, et mis à part l’agglomération parisienne, des zones où les prix de l’immobilier sont faibles. » observe Yannick Ainouche. 

Rendre le DPE collectif opposable, entre autres

Et sans surprises, plus un logement est neuf, meilleure est son étiquette « Pour finir, nous avons tracé une cartographie de la construction française : dans les villes où l’on a construit du logement neuf ces dernières années, cela tire globalement le parc vers les meilleures étiquettes, alors que les villes où les constructions se font rares sont pénalisées par un parc ancien beaucoup plus énergivore » note Jean-Marc Torrollion.  

Pour la FNAIM, une stratégie globale en trois temps doit s’opérer pour répondre aux enjeux de la rénovation sans risquer une raréfaction des biens à la location. D’abord, elle préconise de contractualiser l’éradication de tous les logements gourmands en énergie du parc collectif privé, au moyen du Plan Pluriannuel de travaux (PPT) en copropriété. Ensuite, elle encourage la solidarité entre copropriétaires en rendant le DPE collectif opposable. Enfin, elle conditionner l’éradication de toutes ces passoires thermiques.

« Ces solutions devraient permettre une rénovation ambitieuse de l’ensemble du parc immobilier français, synthétise Jean-Marc Torrollion. Les professionnels de l’immobilier sont prêts, aux côtés des pouvoirs publics, à engager ce chantier et à accompagner les propriétaires sur ce chemin. Nous avons pris des engagements pour enclencher 50.000 rénovations de copropriété en trois ans. D’ores et déjà, près d’un tiers des syndics ont fait voter davantage de travaux de rénovation énergétique cette année. Avec l’ensemble des outils entre nos mains, nous pourrons atteindre réellement les objectifs de réduction carbone. Il importe de réussir la rénovation : l’efficacité doit désormais primer. »