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Crédit immobilier : malgré la hausse des taux, la production s’est maintenue en 2022

Après avoir fortement progressé au début de l’année, la production du crédit immobilier a ralenti depuis le mois de juin. Détails.

crédit immobilier
Crédit : iStock.

Le marché du crédit immobilier n’a pas eu une fin d’année des plus reposantes. En effet, après une forte progression en début d’année, la progression a ralenti durant les derniers mois de l’année. Néanmoins, la production devrait dépasser les 250 milliards d’euros sur 2022, expliquent Les Echos, mardi 20 décembre. Il s’agit de la progression la plus élevée depuis 2018, exception faite de 2021, durant laquelle la production totalisait 273,9 milliards d’euros.

Mais en 2022, la croissance n’était pas au rendez-vous. Plusieurs événements ont contribué à ce résultat : l’envolée de l’inflation, la remontée des taux et la guerre en Ukraine. Le mois de janvier augurait pourtant de belles perspectives, avec 23,7 milliards d’euros de production. Un pic a finalement été atteint à 26,7 milliards en mai, pour se replier le mois suivant. Notamment parce que les accords de prêts sont soumis au taux d’usure, celui au-delà duquel les banques n’ont pas le droit de prêter, excluant ainsi de nombreuses demandes. « Le taux d’usure nous gêne vraiment depuis avril, précise le cofondateur d’Artemis Courtage, Ludovic Huzieux. A chaque fois qu’il est relevé, on recommence à travailler, mais en moyenne on travaille un mois et demi sur un trimestre. »

Les critères du HSCF pourraient ralentir la production du crédit immobilier

La fin d’année n’a rien arrangé. En effet, avec l’atteinte des objectifs fixés, les banques ne se pressent plus d’en accorder, avec en ligne de mire janvier 2023, date du prochain relèvement du taux d’usure. « Depuis mi-novembre, tout est bloqué. On dit à nos clients qui peuvent attendre, de peaufiner leur dossier et de revenir nous voir en janvier », souffle Ludovic Huzieux. Même constat pour le patron du courtier Capfi, Olivier Lendrevie. « Les banques n’arrivent plus à répercuter la hausse du coût de refinancement, donc elles sont sorties du marché, explique-t-il. Les banques non mutualistes sont sorties au printemps et de nombreux mutualistes les ont progressivement suivies depuis mi-novembre. »

Si les chiffres de décembre 2022 n’ont pas encore été communiqués par la Banque de France, ceux des mois d’octobre et de novembre de la même année ont été communiqués. Selon la même source, la production de crédit immobilier s’est élevée à 18,6 milliards d’euros en octobre et 19 milliards d’euros en novembre. « En janvier, le marché va redémarrer fortement avec un taux d’usure rehaussé et des banques qui auront de nouveaux objectifs commerciaux », analyse Ludovic Huzieux. Mais les critères du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) pourraient rebattre les cartes, et, selon lui, ralentir la production du crédit immobilier.

Depuis un an, il est impossible que la durée de remboursement du prêt n’excède les 25 ans, le taux d’endettement ne doit pas dépasser 35 % des revenus (taux d’effort). « Les critères HCSF, une fois que les taux seront remontés, risquent de faire réapparaître les problèmes d’endettement de certains ménages, raconte le courtier. Comme les prix de l’immobilier baissent un peu partout, mais moins vite que les taux n’augmentent, ça risque de bloquer pendant un moment », craint-il.