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Immobilier : dans certaines villes, la demande tire les prix vers le haut

Plusieurs raisons expliquent la hausse des prix de l’immobilier dans certaines villes longtemps délaissées par les potentiels acheteurs.

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Pixabay

Au Havre, à Angers, à Saint-Etienne ou bien au Mans, les prix s’envolent, de 1500 à 3700 euros le mètre carré. De prime abord, ces prix de l’immobilier semblent abordables, mais c’est tout le contraire. En effet, dans ces villes, le pouvoir d’achat a chuté depuis 2019, bien plus qu’ailleurs. Ainsi, pour un emprunt de 194.000 euros sur vingt ans, le nombre de mètres carrés perdus dépasse les 40 m², en particulier au Mans et à Angers, explique Meilleurstaux, dont l’étude a été relayée par Le Figaro immobilier.

Cet effondrement s’explique doublement. D’abord, en raison de l’envolée des taux, mais aussi de l’augmentation des prix dans ces villes moyennes, qui ont connu un fort attrait à la suite de l’épidémie de coronavirus, après avoir été longtemps délaissées. Au Mans et à Saint-Etienne, les prix ont bondi de plus de 20 % en deux ans. A Angers et au Havre, la flambée a été contenue à 10 %, selon l’étude.

Baisse du pouvoir d’achat immobilier en raison de l’augmentation des taux

Combien de temps, pour ces quatre villes, la tension se maintiendra-t-elle ? A Angers, la volonté est d’abord d’attirer de nouveaux habitants, mais aussi de les retenir. « L’effet TGV joue à plein, grâce à la proximité avec Paris (1h40 pour Angers) », précise Maël Bernier, de Meilleurtaux, qui complète : « Le Mans, située à moins d’une heure de Paris en train, s’est totalement transformée. » D’ailleurs, selon l’édile de la commune, Stéphane Le Foll, pour la première fois « depuis plus de trente ans », la population sarthoise a augmenté en 2022 (1.280 habitants de plus qu’en 2021), d’après l’Insee.

Les villes comme Saint-Etienne et Le Havre, longtemps associées à une image terne, découvrent l’envolée des prix, et attirent à nouveau par la même occasion. « Au Havre, le prix de la pierre a bien sûr augmenté mais c’est surtout l’augmentation des taux qui contribue massivement à la baisse du pouvoir d’achat immobilier », analyse Maël Bernier qui reconnaît néanmoins que la ville normande s’est mise au goût du jour. De plus en plus de Lyonnais sont, quant à eux, attirés par Saint-Etienne, tant ils souhaitent acheter des espaces plus grands, inabordables dans la ville voisine de Lyon, tout en continuant de travailler dans la capitale des Gaules qu’ils peuvent rejoindre rapidement en train.

Les grandes métropoles ne sont pas en reste même si le pouvoir d’achat immobilier raboté y est moins important. En l’espace de trois ans, les habitants y ont perdu « seulement » l’équivalent d’une grande chambre, excepté à Paris, Lyon et Bordeaux. Par rapport à la surface finançable des villes moyennes, les aspirants propriétaires dans ces grandes métropoles devront se contenter de surfaces deux à trois fois plus petites, car les prix de l’immobilier y sont deux à trois fois plus élevés, sauf à Paris. « La remontée des taux provoque un vrai changement de matrice et les conséquences n’épargnent aucune ville, estime Maël Bernier. Même à Paris, Lyon et Bordeaux, les acheteurs doivent absorber la hausse des taux. »