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Airbnb : les locations touristiques dans le viseur de la Mairie de Quimper

La Mairie a constaté que de nombreux appartements de petite surface avaient quitté le marché locatif classique pour rejoindre Airbnb.

Airbnb
iStock

Trop, c’est trop. A Quimper, le nombre de logements meublés loués pour de courtes durées commence à agacer la municipalité. « Les touristes ont leur place à Quimper. Ce n’est pas ça le problème », explique à actu.fr l’adjoint à la maire de Quimper chargé de l’urbanisme, David Lesvenan. Comme dans les villes proches de Saint-Malo et Lorient (Bretagne), la municipalité de Quimper (Finistère) entend réglementer le marché de ces locations de type Airbnb.

« Les propriétaires de meublés touristiques auront l’obligation de déclarer leurs biens en mairie », précise l’adjoint. Pour l’heure, cette mesure n’est qu’une ébauche qui pourrait être débattue, puis votée, en février ou mars 2023, en conseil municipal. Si l’élu espère qu’elle sera entrée en vigueur avant la saison touristique, aucune date n’a été arrêtée. Il faudra dans un premier temps dresser un état des lieux de l’offre. « Actuellement, il y a un grand décalage entre la taxe de séjour que la Ville perçoit sur ces locations et les logements disponibles, ne serait-ce que sur la seule plateforme Airbnb », observe David Lesvenan.

Airbnb au profit du marché locatif classique

La volonté d’agir de la Mairie de Quimper n’est pas guidée que par ce manque à gagner : « Nous avons constaté que des studios ou des appartements T1 sont sortis du marché locatif classique et se retrouvent sur celui des locations de courte durée », raconte l’adjoint. Les propriétaires qui louent à la nuitée, voire à la semaine gagnent, sans doute, davantage en mettant leur logement sur Airbnb. Mais la pénurie de logements à Quimper s’accentue, et, pour répondre à la demande, la majorité municipale ambitionne de construire cinq-cent nouveaux logements par an.

Depuis le 1er janvier 2023, à Lorient, la déclaration d’une location meublée saisonnière est obligatoire. Et la Municipalité devrait également faire passer une mesure permettant de changer l’usage de la résidence : de local d’habitation, il deviendrait un meublé touristique. La démarche inspire Quimper. « Notre but n’est pas d’embêter les personnes qui louent une chambre chez elles. Nous ciblons davantage des investisseurs ou des sociétés qui peuvent proposer plusieurs logements à la location pour de courtes durées », tempère David Lesvenan. Selon lui, la préservation du cadre de vie et de la qualité de l’habitat est également un enjeu majeur. En effet, de trop nombreuses locations de courte durée peuvent engendrer des nuisances pour le voisinage.