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Crédit immobilier : en moyenne, les Français s’endettent sur 21 ans

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Crédit : iStock.

La durée maximale d’endettement se rapproche doucement mais sûrement du palier plafond défini par les autorités financières. Alors que celles-ci interdisent à un ménage de souscrire à un crédit immobilier supérieur à 25 ans, les Français souscrivent aujourd’hui à des prêts remboursables sur une durée moyenne proche des 21 ans, selon l’Observatoire Crédit Logement relayé par Le Figaro immobilier. L’an dernier, deux tiers des prêts bancaires ont été accordés sur plus de vingt ans, alors qu’il y a deux ans, cela ne représentait que 55,2 % des crédits octroyés.

En s’endettant sur une durée plus longue, les ménages entendent diminuer la facture. Selon l’Observatoire, cette décision n’est pas sans conséquence, car « cet allongement n’est plus suffisant pour compenser la hausse des prix des logements ou amortir l’augmentation des taux d’apport ». De facto, en 2022, la production des crédits immobiliers a dégringolé de 20%. « Une telle chute ne s’était pas constatée depuis l’automne 2008, au plus fort de la crise financière aux États-Unis », rappelle l’Observatoire Crédit Logement.

L’accès au crédit immobilier conditionné au taux d’usure

Les primo-acquéreurs sont particulièrement fragilisés par la flambée des prix de l’immobilier et des taux de crédit. Plus précisément, ils ne parviennent pas à constituer l’apport nécessaire à la concrétisation de leur projet d’achat. En quatre ans, la somme à avancer a ainsi augmenté de plus de 43 %, soit un supplément de 1,5 mois pour ceux qui gagnent au moins cinq fois le Smic… et 7 mois de plus pour les emprunteurs dont les revenus sont inférieurs à trois Smic.

Pour justifier ce marché rouillé, les acteurs brandissent la carte du taux d’usure, taux maximal auquel une banque peut prêter de l’argent. « C’est une succession d’événements (taux d’usure, taux d’endettement limité à 35%, hausse des taux de crédit…) qui ont grippé le marché du crédit et pas seulement le taux d’usure », tempère auprès de nos confrères la directrice des études d’Emprunts, courtière en crédit immobilier, Cécile Roquelaure. En particulier la hausse des taux qui oblige de nombreux ménages à rester locataires.

Mais l’idée d’un krach n’est pour autant pas d’actualité. « Nous envisageons un recul de 10% de la production de crédits en 2023, anticipe Cécile Roquelaure. Le premier semestre risque d’être compliquéIl faut que les prix baissent. Un retour à la normale est envisageable pour le second semestre ». Mais il faudrait un déséquilibre entre la demande et l’offre pour que les prix baissent. « Il y aura certainement moins de candidats à l’achat mais sans doute aussi de vendeurs qui préféreront, dans un premier temps, rester au chaud et attendre de vendre au juste prix », répond Maël Bernier, de Meilleurtaux.

Reste à savoir si ce calcul sera le bon, étant donné que les taux de crédit risquent de grimper encore et que les prix commencent à baisser. « Il faut passer d’un marché de la valeur du bien à un marché du juste prix », complète auprès du média Charles Marinakis, président de Century 21. Un crève-cœur si on a passé du temps dans le logement qui sera sans doute inéluctable pour éviter la banqueroute.