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Immobilier : la valeur du DPE à nouveau mise en cause

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) est devenu décisif, mais il serait encore souvent mal réalisé, parfois volontairement.

DPE
Le nouveau DPE. Crédit : Ministère de la Transition écologique

Ce sont trois lettres qui font couler beaucoup d’encre. Le DPE (diagnostic de performance énergétique) est obligatoire pour la vente ou la location d’un logement depuis une quinzaine d’années. Simple information pour l’acquéreur ou le locataire à l’origine, il est devenu un élément essentiel des transactions immobilières à la faveur de la loi Climat et Résilience. Celle-ci prévoit l’interdiction de la location des passoires thermiques. Les logements les plus énergivores (classés G +) sont déjà concernés. Mais en 2034, tous les logements ayant une note inférieure à D seront visés. Un mauvais DPE peut donc vite faire diminuer la valeur d’un bien. Certaines banques exigent désormais un devis des travaux à réaliser avant de financer l’achat d’une passoire thermique.

La « valeur par défaut » du DPE trop utilisée

Décisif, le DPE est également très critiqué pour son mode de calcul. Déjà à l’été 2022, l’UFC-Que Choisir pointait les résultats différents selon les diagnostiqueurs sollicités, ainsi qu’un « festival d’erreurs, de contradictions ». Ce sont désormais les dérives d’un « business » du diagnostic que pointe Le Figaro. Avec 37.000 réalisations par semaine en 2022, le risque d’abus est réel. Le Gouvernement avait déjà relevé en 2021 « de nombreux résultats inattendus, notamment sur des logements dont la date de construction est antérieure à 1975 et aux recours des valeurs par défaut ».

Ces valeurs par défaut peuvent être renseignées par le diagnostiqueur s’il n’a accès à aucune donnée pertinente (état du logement, documents fournis par le propriétaire, notices des appareils…). Selon l’enquête du Figaro, certains professionnels peu scrupuleux n’hésiteraient pas à l’appliquer sans faire les recherches nécessaires, par appât du gain mais aussi plus simplement par fainéantise. « La filière est encore trop jeune et elle n’est pas assez encadrée. Tout le monde peut devenir diagnostiqueur, il n’y a même pas un BTS qui existe et surtout, pas assez de pratique », déplore Yannick Ainouche, président de la CDI-FNAIM. Le recours aux valeurs par défaut est d’autant plus problématique que celles-ci sont souvent pénalisantes par rapport à la réalité.

Il est donc recommandé de bien vérifier que le professionnel sollicité est bien certifié par le gouvernement dans l’annuaire des diagnostiqueurs immobiliers. Une fois son travail effectué, la présence du DPE sur l’observatoire de l’Ademe est obligatoire. Il doit comporter un numéro à 13 chiffres pour être valable. On peut également vérifier que toutes les données ont bien été renseignées et la présence d’incohérences ou d’erreurs. Il ne faut pas non plus hésiter à faire appel à un second diagnostiqueur.