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Dans les stations de ski, les trois quarts des logements sont des passoires thermiques

Les stations de ski concentrent des biens gourmands en énergie et proposés à la location, ce qui va progressivement être interdit.

Stations de ski
Les Deux Alpes, France ski resort town and slopes view, French Alps

Sera-t-il bientôt impossible de louer un appartement dans les stations de ski ? Le passage à l’année 2023 a été marqué par les premières interdictions de location des passoires thermiques. Cela ne concerne que les biens les plus énergivores, qui consomment plus de 450 kWh par mètre carré et par an. Le parc concerné est donc encore relativement restreint pour l’instant, mais les logements classés G lors du diagnostic de performance énergétique (DPE) seront à leur tour concernés par l’interdiction dès 2025, puis la catégorie F en 2028 et la catégorie E en 2034. Ce sera alors près de la moitié du parc immobilier français qui sera concerné.

Essentiellement des biens loués dans les stations de ski

Et la situation est encore plus complexe pour les stations de ski, selon les chiffres de la Fnaim, relayés par Les Échos. Quand 6 % des résidences principales françaises sont classées G, ce taux monte à 17,9 % dans ces zones. On y retrouve près de 20 % de logements classés F, soit près de deux fois la moyenne nationale et surtout 38 % de bien classés E, contre 22 % pour les résidences principales. Au total, 37,8 % des appartements et des chalets de montagne seront interdits à la location dans cinq ans et 76 % en 2034. Cela alors que le taux de propriétaires occupants y est bien plus faible. Par exemple, la Savoie et la Haute-Savoie concentrent 45 % des résidences secondaires d’Auvergne-Rhône-Alpes, mais seulement 15 % de sa population. Le nombre de logements à rénover risque d’être d’autant plus important. Leur concentration va également poser la question de la disponibilité des artisans.


 Selon la Fnaim, ce décalage dans les stations de ski s’explique bien sûr par l’altitude et les hivers qui poussent à chauffer davantage. Mais ce parc issu des plans d’urbanisation massive des années 1960 et 1970 est également plus vétuste. À cela, s’ajoute aussi une certaine réticence de propriétaires à investir dans la rénovation thermique d’une résidence secondaire. Des voix se sont déjà élevées pour demander une modification du calendrier de la loi, sans succès pour l’instant.