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Crédit immobilier : les taux poursuivent leur décrue

Bonne nouvelle pour les emprunteurs : en janvier, les taux des crédits immobiliers ont encore baissé dans la plupart des banques. Ils frôlent même les plus bas historiques.

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Crédit: iStock.


L’accalmie se poursuit sur les taux d’intérêt. A en croire les grands courtiers en prêt immobilier de la place, toutes les banques ou presque ont réduit leurs tarifs en début d’année. « En janvier, la détente sur les taux applicables a atteint 0,10 à 0,15 points en moyenne », rapporte Ludovic Huzieux, co-fondateur d’Artémis Courtage. Même son de cloche du côté de Vousfinancer qui évoque une baisse des taux des crédits de 0,05 à 0,20%. « Aucune banque n’a remonté ses taux », complète Sandrine Allonier, directrice des études et porte-parole du réseau.

Prime de risque en baisse

Si les projections varient d’un courtier à un autre, les accédants à la propriété peuvent globalement emprunter à un taux moyen compris entre 1,15% et 1,25% sur 20 ans actuellement, contre plus de 1,40% lors du premier confinement, période au cours de laquelle les établissements de crédit avaient resserré la vis de façon à reconstituer la prime de risque sur leur production. Concrètement, pour 100.000 euros empruntés sur 20 ans, la mensualité sera aujourd’hui de l’ordre de 470 euros hors assurance. Et même de l’ordre de 440 euros avec les meilleurs taux proposés par les banques, autour de 0,60%, contre 455 euros l’été dernier, lorsque les taux pour les meilleurs profils se situaient à 0,90%.

Élargissement du spectre des emprunteurs favorisés

Fait nouveau, l’embellie sur les taux ne profite plus seulement aux emprunteurs aux revenus les plus élevés : « En ce début d’année, on note la volonté des banques de prêter et conquérir de nouveaux clients, avec une cible plus large, pouvant concerner des profils moins convoités l’année dernière avec des revenus moins élevés ou des projets autres que l’achat d’une résidence principale. De ce point de vue-là, l’année commence bien pour ceux qui souhaitent réaliser un achat immobilier », souligne Sandrine Allonier.

Pour les profils les plus solides (apport conséquent, salaire élevé, emploi stable dans un secteur non sinistré, épargne disponible), les banques proposent de nouveau des taux inférieurs à 1%, y compris sur des durées longues. Pour ses meilleurs clients, Cafpi promet ainsi des taux de 0,33% sur 10 ans, de 0,48% sur 15 ans, de 0,63% sur 20 ans et de 0,88% sur 25 ans sur ce début d’année. De son côté, Empruntis rapporte des taux minimums très similaires, avec une belle performance sur les meilleurs prêts à 25 ans, lesquels se voient offrir un taux de 0,68%.

Retour sur les records

En regardant dans le rétroviseur, on s’aperçoit que l’impact de la brusque remontée des taux au printemps, sous l’effet de la crise sanitaire, a désormais été effacé. « Avec les baisses successives de taux appliquées par les banques depuis la rentrée 2020, les taux de crédit sont actuellement inférieurs à leur niveau de janvier 2020 et à nouveau à leur plus bas niveau historique de l’automne 2019 », rapporte Sandrine Allonier.

Vers un alignement des planètes ?

Cependant, la baisse des taux n’est pas la seule bonne nouvelle du moment pour les professionnels du crédit. La décision du Haut conseil de stabilité financière, en décembre 2020, d’adoucir ses recommandations, en portant de 33% à 35% des revenus le taux d’endettement maximum et en rallongeant à 27% la durée d’emprunt pour le neuf ou l’ancien avec travaux, a aussi des effets vertueux. Cafpi évoque ainsi un retour à la normale sur les conditions d’octroi des crédits pour les investisseurs et les primo-accédants, même si certains profils comme les jeunes sans épargne se retrouvent sans solution pour accéder à la propriété.

La remontée des taux d’usure pour le 1er trimestre 2021 est aussi mise en exergue par certains observateurs. Mais ce facteur de soutien doit être relativisé : « l’immense majorité des crédits porte sur des durées comprises entre 20 et 25 ans, analyse Ludovic Huzieux, d’Artémis Courtage. Or, le taux d’usure sur ces durées est resté stable par rapport au 4ème trimestre 2020 ». Reste une inconnue sur le marché, et de taille : le volume des transactions. Sur ce sujet, les dernières projections ne sont pas là pour rassurer. La Fnaim anticipe ainsi 900.000 transactions en France en 2021, contre 980.000 estimées l’an dernier. De quoi faire redouter une baisse de la production de crédits.