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Assurance emprunteur : ce que changent les nouvelles conditions d’accès au crédit

Magnolia.fr a calculé le poids de l’intégration de l’assurance dans les charges d’emprunt. Certains dossiers risquent d’être exclus du crédit.

assurance vie
Crédit : iStock

Le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) a publié jeudi 28 janvier sa recommandation relative aux nouvelles règles d’octroi en matière de crédits immobiliers. L’institution a confirmé l’adoucissement des conditions d’octroi des crédits : un taux d’endettement rehaussé à 35%, et une durée maximale des prêts de 25 ans mais avec 2 ans de différés possibles. Mais elle a aussi précisé que l’assurance de prêt fait bien partie intégrante des charges d’emprunt qui vont permettre de calculer le taux d’endettement.

Les banques dans le viseur

Un rappel à l’ordre adressé aux banques, alors que certains établissements prêteurs faisaient le choix de ne pas inclure l’assurance dans le calcul des charges annuelles. « Cela leur permettait de pouvoir gonfler le coût de l’assurance groupe bancaire proposée à l’emprunteur sans impacter sa capacité d’emprunt mais, hélas, tout en abaissant son reste à vivre », relève le courtier Magnolia, qui livre ses calculs sur ce qui change pour certains emprunteurs. 

Le courtier prend l’exemple d’un couple de 35 ans gagnant au total 4.500 euros net par mois, souhaitant emprunter 380.000 euros, sans apport. Sans inclure l’assurance dans le calcul, le taux d’endettement est de 33,35%, soit un niveau « correct ». Avec l’assurance emprunteur groupe bancaire que la banque leur impose, ils dépassent la règle des 35%, atteignant un taux de 36% susceptible de les exclure du crédit. En sollicitant un assureur externe à la banque, ils passent sous cette barre, à 34%, mais se rapprochent de la limite.

La simulation de Magnolia.fr :

« Pour certains profils, notamment les jeunes sans apport ou les emprunteurs à risque, exclure l’assurance de ce calcul pouvait leur permettre d’emprunter, explique Astrid Cousin, porte parole de Magnolia.fr. Cette décision ne sera pas sans conséquence pour eux. D’un autre côté, les banques prêteuses habituées à profiter de cette flexibilité pour proposer des assurances hors de prix vont sûrement devoir revoir leurs pratiques ».

De quoi contrebalancer la fixation par le HCSF d’un taux d’endettement à 35%, sensé laisser de la marge à de nombreux profils.