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Immobilier : non, la Banque de France n’a pas « durci » les conditions de crédit !

Rien ne bouge dans le crédit immobilier, sur le plan réglementaire, depuis la précédente mise au point du Haut conseil de stabilité financière fin janvier dernier.

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Crédit : iStock.

« Immobilier : la Banque de France durcit les conditions des crédits », peut-on lire sur Franceinfo ; « Pourquoi obtenir un crédit va devenir plus difficile » du fait de ce même durcissement, écrit Le Parisien ; et idem dans Sud Ouest. On pourrait croire à un nouveau tour de vis de la banque centrale française. Sauf qu’il n’en est rien : comme nous l’a confirmé la Banque de France elle-même, la situation n’a pas bougé depuis les précédentes recommandations du Haut conseil de stabilité financière (HCSF), le 27 janvier dernier.

A cette date, ce dernier validait l’assouplissement de ses recommandations de la fin 2020. A savoir un taux d’endettement maximum passant de 33 à 35%, ainsi que deux ans de remboursement supplémentaires afin d’intégrer notamment certaines opérations comme les ventes en l’état futur d’achèvement (Vefa), ou encore les contrats de construction de maisons individuelles (CCMI). Soit une durée maximale de prêt de 27 ans. Changement de taille, toutefois, et qui s’apparente bien à un « durcissement » des conditions d’octroi : le HCSF demandait formellement alors que l’assurance emprunteur soit intégrée à ce plafond de 35%. Ce qu’en pratique, bon nombre de banques faisaient déjà jusqu’alors. Des règles qui entrent bien en application, comme l’indiquent ces articles, à l’été 2021.

La Banque de France nous dit certes « appuyer » la position du HCSF, mais sans ajouter ou solliciter de nouvelles contraintes. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, est d’ailleurs l’un des huit membres de l’institution, présidée par le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire.

« Côté offre, la situation est meilleure que l’année dernière »

De fait, la situation du crédit n’est pas si alarmiste, même si des inconnues demeurent, principalement du fait de la crise du coronavirus. « Les banques mettent en ce moment en application les notifications du HCSF, ce qui fait bouger un peu les lignes. Mais l’optimisme est de rigueur », explique Cécile Roquelaure, porte-parole du courtier en crédit Empruntis. « Côté offre, la situation est meilleure que l’année dernière. En réalité, c’est plus au niveau de la demande que l’on note une baisse par rapport à l’année dernière », nuance Sandrine Allonier, directrice des études et porte-parole de Vousfinancer.

En outre, l’augmentation du taux d’endettement maximum pourrait permettre de compenser l’intégration du coût de l’assurance emprunteur : « cette hausse de 2% correspond à une hausse du montant du remboursement de 50 euros par mois, soit une hausse de l’enveloppe du crédit de 10 000 euros, pour un emprunt sur vingt ans », selon Cafpi.