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La BCE prête à « combattre » la montée des taux

Un haut responsable de la Banque centrale européenne a réaffirmé mardi la détermination de l’institution à « combattre » une trop forte remontée des taux d’intérêt qui pourrait fragiliser la reprise.

BCE

Pour démontrer aux marchés que la hausse des taux des emprunts souverains de la zone euro, dans le sillage des obligations américaines, n’est pas « tolérée« , les gardiens de l’euro doivent être prêts à agir, a expliqué Fabio Panetta, membre italien du directoire de la BCE dans un discours transmis par cette dernière.

L’institution de Francfort « ne doit pas hésiter » à utiliser l’intégralité de l’enveloppe de sa principale arme anti-crise, le programme d’achat d’urgence face à la pandémie (PEPP), soit 1.850 milliards d’euros, a encore suggéré M. Panetta.

La présidente de l’institut monétaire, Christine Lagarde, et d’autres membres du directoire, ont déjà signalé ces derniers jours qu’ils ne resteraient pas les bras croisés si les rendements obligataires devaient grimper de manière incontrôlable.

« Contrôler » la courbe des taux

A quelques jours de la prochaine réunion devant décider de la politique monétaire en zone euro, le 11 mars, M. Panetta évoque désormais clairement la possibilité d’un « engagement ferme à contrôler » la courbe des taux.

L’objectif de l’institution est de « préserver des conditions de financement favorables pour soutenir la reprise » économique européenne et la hausse de l’inflation à un niveau proche mais inférieur à 2%, objectif de la BCE pour sa politique monétaire.

Le rendement du Bund à 10 ans a récemment atteint des niveaux légèrement supérieurs à -0,25%, au plus haut depuis mars 2020, alors que le rendement obligataire américain à dix ans évolue autour de 1,50% après une remontée galopante.

L’œil sur les taux souverains et ceux des emprunts d’entreprises

Alors que la BCE tente d’établir des indicateurs clairs pour mesurer les conditions favorables de financement de l’économie, M. Panetta suggère que cela passe par « un focus accru » sur les taux souverains et ceux d’emprunts d’entreprises.

Pour soutenir l’économie européenne, la BCE préconise une approche « Harder, better, faster, stronger » (meilleure, plus rapide, plus forte), note malicieusement M. Panetta, reprenant le titre d’un des tubes du duo français Daft Punk qui a récemment mis la planète en émoi en annonçant sa séparation.

« Plus nous nous efforcerons de combler les déficits » de production et d’inflation que la pandémie a entrainés, « meilleures seront les perspectives de l’économie de la zone euro », a-t-il dit. « Et plus vite nous y parviendrons, plus notre potentiel de croissance sera fort ».

Les craintes inflationnistes pèsent aussi sur l’épargne et le crédit immobilier, toujours extrêmement favorable en France.