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Le CDI reste la norme pour décrocher un crédit immobilier

La mince proportion d’emprunteurs en CDD s’est réduite depuis le début de la crise sanitaire.

Corum
crédit : iStock

Avec le durcissement des conditions d’octroi de crédits opéré par le Haut conseil de stabilité financière (HCSF), les CDD et autres contrats qui ne sont pas à durée indéterminée ont de moins en moins la cote. La part de ceux qui sont parvenus à décrocher un crédit sans ce fameux sésame l’an dernier a même encore « légèrement baissé » selon Vousfinancer : en 2020, 87 % des emprunteurs étaient en CDI contre seulement 1,2 % en CDD, une part qui était de 1,3 % en 2019. Toutefois, en co-empruntant avec une personne en CDI, ce taux remonte légèrement, à 3,2 %.

Un accès au crédit qui se dégrade

Des chiffres qui n’évoluent pas dans le temps, malgré le poids important des contrats à durée déterminée, qui représentent 12% des contrats de travail. « Paradoxalement, alors que les taux n’ont cessé de baisser ces dernières années, l’accès au crédit des CDD s’est dégradé, en particulier depuis 2 ans. Les taux historiquement bas ne permettant pas de couvrir le coût du risque, ils pénalisent finalement ceux qui voudraient emprunter avec un dossier ‘hors norme’ », selon Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer.

Le chômage partiel difficilement finançable

Autre type de dossier à la peine : les CDI en chômage partiel. S’il est encore possible de décrocher le précieux sésame, le chemin reste semé d’embûches. Au sein du réseau, près de 60 % des agences y parviennent, sous conditions et 30 % uniquement lorsque la période de chômage partiel est terminée. Les 10 % restants étant sans solutions. « Il est possible de financer des emprunteurs au chômage partiel, au cas par cas, s’ils ont de l’ancienneté professionnelle et de l’épargne de précaution mais cela dépend aussi du secteur d’activité dans lequel ils travaillent, analyse Sandrine Allonier, directrice des études de Vousfinancer. Si c’est dans un secteur très touché par la crise, la banque refusera. En outre, les banques essaient de déceler s’il s’agit d’un chômage partiel temporaire ou si cela traduit une réelle difficulté financière de l’entreprise ».

La situation demeure contrastée pour les autres catégories minoritaires d’emprunteurs. Les travailleurs non-salariés (TNS) sont ainsi mieux représentés que les CDD, dès lors qu’ils ont 3 ans de bilan. Ainsi, 6 % des emprunteurs sont des indépendants, (contre 5,1 % en 2019 et 6 % en 2018). A l’inverse, les retraités ont diminué (2 % des emprunteurs seuls, contre 3,3 % en 2019) conclut le courtier.