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Immobilier neuf : trouver un financement est difficile, malgré les taux bas

Le pouvoir d’achat des Français dans le neuf a pâti de la crise sanitaire, selon le baromètre d’Empruntis et Trouver-un-logement-neuf.com. Et ce, malgré un environnement de taux de crédits immobiliers encore au plancher.


On le sait, si les taux de crédit restent attractifs, tous les emprunteurs ne sont pas logés à la même enseigne : certains secteurs d’activités plus touchés que d’autres peinent à accéder au crédit immobilier. Mais les jeunes primo-accédants ne sont pas non plus épargnés dans le marché du neuf. « Aujourd’hui, un an après le début de la crise sanitaire, les taux bas ne suffisent plus et l’enjeu est ailleurs, explique Cécile Roquelaure, directrice des études d’Empruntis. Il s’agit désormais de montrer patte blanche pour pouvoir accéder au crédit surtout que le marché du neuf concentre plus de demandes de jeunes primo-accédants : 18% des millénials primo-accédants achètent un bien neuf en ce début d’année vs 13% chez les non millénials ».

Bonne nouvelle cependant, le Haut conseil de stabilité financière (HCSF) a assoupli ses recommandations sur les durées de prêts. Celles-ci sont passées de 25 à 27 ans maximum, afin de prendre en compte les délais de livraison des ventes en l’état futur d’achèvement (vefa). « Cet allongement de la durée permet aux acquéreurs de biens dans le neuf d’avoir une enveloppe de prêt plus conséquente et donc un pouvoir d’achat dans le neuf plus important puisque mécaniquement cela augmente la mensualité de 7% », selon l’experte.

Des prix du neuf qui grimpent dans plus de 8 grandes villes sur 10

Reste que les prix de l’immobilier neuf, globalement en hausse, pèsent sur le budget des emprunteurs. Alors qu’en Ile-de-France, les prix de vente se sont stabilisés en 2020, ce n’est pas le cas des grandes métropoles régionales : depuis un an et le début de la crise sanitaire, la hausse se poursuit dans 8 grandes villes sur 10, du fait d’un manque structurel de foncier, de permis de construire, et d’offre, face à une demande toujours présente. Ainsi, à Lyon, le prix d’un trois-pièces neuf a grimpé de presque 13 % en un an selon le baromètre d’Empruntis et Trouver-un-logement-neuf.com*. D’ailleurs, la capitale des Gaules fait partie, au même titre que Nice, Nantes, Strasbourg, Montpellier, Marseille, et Toulouse, des 7 grandes villes de France où la hausse des prix a entraîné une baisse du pouvoir d’achat des Français.

Lyon enregistre la plus forte progression du budget mensuel dédié au prêt immobilier : +11%. Soit une mensualité moyenne de 1766 euros contre 1583 euros un an auparavant. Suivent Marseille avec +4,48% et un crédit remboursé 1217 euros par mois, Nantes qui enregistre +4,33% et 1430 euros, et Strasbourg à +4,13% et 1302 euros. À Montpellier, Nice et Toulouse les mensualités de crédit augmentent respectivement de 1,80%, 1,62% et 1,24% pour un T3 dans le neuf.

Pouvoir d’achat immobilier en hausse dans trois grandes villes, dont Paris

Contrairement à Paris, Lille et Bordeaux, où le pouvoir d’achat immobilier neuf a augmenté. Ainsi, alors qu’ils déboursaient 3932 euros par mois pour s’offrir un 3 pièces avant la crise du Covid-19, les parisiens ne dépensent plus « que » 3515 euros. A Lille, toujours pour acquérir un T3 dans le neuf la mensualité baisse de 3,61%. A Bordeaux, la baisse est très faible, soit seulement -0,21%.

En règle générale, « ceux qui souhaitent devenir propriétaire ou investir dans l’immobilier neuf ont tout intérêt à se lancer dès maintenant dans leurs recherches car il faut du temps pour trouver la perle rare et les prix vont continuer de monter », conclut Céline Coletto, porte-parole de Trouver-un-logement-neuf.com.

*Simulations réalisées sur la base de taux (hors assurances) relevés le 15 mars 2021 et du prix moyen d’un trois-pièces relevé le 15 mars 2021 sur le site Trouver-un-logement-neuf.com.