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Crédit immobilier : gare à la remontée des taux !

A l’approche de la saison estivale, les emprunteurs bénéficient toujours de conditions exceptionnelles pour obtenir un crédit immobilier. Une fenêtre qui risque de se refermer.

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Crédit: iStock.

Quelles tendances sur les taux des crédits immobiliers aujourd’hui ? Difficile d’apporter une réponse univoque, tant les informations sur la tendance des barèmes des banques sont contradictoires. Seule certitude : les conditions restent très favorables. Dans sa dernière parution, l’Observatoire Crédit Logement / CSA mentionne d’ailleurs une stabilisation du taux moyen des prêts immobiliers au mois de mai, à 1,07%, soit le plus bas niveau jamais enregistré, inchangé par rapport à avril. « Malgré l’incertitude ambiante et la reprise de l’inflation, les banques continuent de soutenir la demande de crédits immobiliers des particuliers avec des conditions de crédit attractives », argumente l’Observatoire.

Tendance à la baisse depuis le début de l’année…

Cette même source rapporte que les taux des prêts ont reculé depuis le début de l’année sur toutes les durées : de 12 points de base sur les crédits à 15 ans ou 20 ans et même de 17 points de base pour les échéances à 25 ans. Une analyse des évolutions depuis six mois et un an révèle aussi une orientation à la baisse : de 9 points de base depuis décembre dernier, et de 18 points de base depuis 12 mois. Reste que les tendances actuelles méritent d’être nuancées . Car derrière les taux moyens se cachent « des disparités assez notables entre les banques », à en croire Maël Bernier, porte-parole du courtier Meilleurtaux.

… Mais des velléités de remontées

Pour cette professionnelle, le pouls du marché en cette période post-troisième confinement est d’ailleurs à une remontée mesurée des taux : « On note une tendance de fond plutôt à la hausse légère dans les barèmes affichés par nos partenaires bancaires et absolument plus baissière comme nous avons pu l’observer à l’automne dernier, et cela malgré la détente observée depuis quelques jours sur les taux directeurs ». Cafpi et Vousfinancer évoquent de leur côté un statut quo.

Pour ce dernier courtier, certaines banques ont monté leurs taux de crédit en juin quand d’autres les ont baissés, de 0,10 % en moyenne. Les taux moyens sont donc stables en juin à 1 % sur 15 ans, 1,20 % sur 20 ans et 1,40 % sur 25 ans. Pour les meilleurs profils on peut toujours emprunter à moins de 1 % sur toutes les durées : 0,50 % sur 15 ans, 0,75 % sur 20 ans et 0,90 % sur 25 ans au mieux, précise ainsi Vousfinancer dans sa lettre mensuelle.

Engorgement dans les agences

Comme cela était déjà le cas le mois dernier, les emprunteurs sont priés de faire preuve de patience pour obtenir leur crédit. « Les délais de traitement des banques ont du mal à retrouver leur rythme habituel en raison d’une part, d’un flux important de dossiers depuis le début de l’année mais également du troisième confinement du printemps, et évidemment cela ne plaide pas non plus pour une baisse des taux », souligne Maël Bernier.

Pour sa part, Vousfinancer note une certaine détente du côté des conditions d’octroi de crédit, certaines banques acceptant davantage d’aller au-delà des 35 % d’endettement, même si cela ne concerne le plus souvent que les meilleurs profils. « Nous constatons que certaines banques sont plus flexibles sur le taux d’endettement. Nous arrivons à obtenir des accords pour des emprunteurs avec un taux d’endettement jusqu’à 38 %, mais essentiellement des beaux profils avec un reste-à-vivre important », explique Sandrine Allonier, directrice des études de Vousfinancer. Cette professionnelle précise toutefois que les établissements de crédit campent sur leurs positions sur l’apport en exigeant un taux de 10% sur les dossiers, voire demandent une épargne résiduelle, notamment pour l’achat d’une résidence principale.

Une hausse des taux en fin d’année, un risque bien réel

De l’avis des professionnels consultés, la période des taux exceptionnellement bas pourrait s’achever prochainement, surtout si les rendements des obligations d’État continuent de grimper pour refléter les anticipations d’inflation. « Les banques qui auront réalisé une belle production durant le premier semestre et qui pourraient avoir un rappel à l’ordre cet été avec les contrôles du HCSF, seront peut-être amenées à refermer le robinet du crédit », redoute Philippe Taboret, directeur général de Cafpi. Et de conclure : « C’est le moment d’acheter : d’une part, les acheteurs ont eu le temps de préparer leurs projets immobiliers et d’autre part, les conditions de financement sont favorables à leur réalisation ».