Se connecter S’abonner

Crédit immobilier : le HCSF annonce une «norme juridiquement contraignante» cet été

« La production de crédit immobilier reste dynamique tout en reposant sur des bases plus saines », selon le HCSF, qui annonce un cadre plus strict cet été.

crédit immobilier
Crédit : HCSF

Il faudra attendre l’été pour savoir à quelle sauce les banques, et donc potentiellement certains acquéreurs, seront mangés. Mais pour l’heure, la conjoncture actuelle du crédit immobilier est plutôt favorable, pour le Haut conseil de stabilité financière (HCSF), qui s’est réuni ce mardi 15 juin sous la présidence du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire. « Les dernières données confirment le diagnostic précédent : la production de crédit immobilier reste dynamique tout en reposant sur des bases plus saines », commente le HCSF à l’issue de cette réunion très attendue.

La production annuelle de nouveaux crédits immobiliers s’est située à un « niveau record » en avril, avec des taux d’intérêt à un « plus bas historique », note le Haut conseil. Dans le même temps, la part de crédits présentant des taux d’effort élevés ou des maturités longues a « significativement baissé ». Par ailleurs, « comme attendu, les pratiques d’octroi des établissements de crédit convergent vers les critères de la recommandation du 27 janvier 2021, sans que l’accès des ménages au crédit immobilier en soit affecté ». Néanmoins, un cadre plus strict verra bien le jour « au cours de l’été » selon l’autorité. Ainsi, sa recommandation se traduira par « une norme juridiquement contraignante, après publication d’un bilan de l’application de la recommandation ».

La mise en place de nouvelles contraintes pourrait être «contreproductive»

Un point sur lequel les acteurs du crédit restent vigilants. La mise en place de nouvelles contraintes sur les conditions d’octroi pourrait être « contreproductive, estime Philippe Taboret, président du courtier en crédit Cafpi. En effet, alors que certains dossiers solvables, mais en dehors des critères seront refusés (par exemple, de jeunes primo-accédants sans apport, mais avec des revenus corrects), les banques pourraient être amenées à valider des dossiers plus risqués, mais respectant la loi, pour remplir leurs objectifs », alerte le professionnel.

Le HCSF juge plus globalement que si les risques pour la stabilité financière des banques restent « à un niveau élevé », les perspectives « se sont améliorées » depuis mars. Et ce, « dans un contexte de levée progressive des restrictions sanitaires et de rebond de l’activité économique ». Il relève aussi que l’endettement net global des entreprises françaises a progressé de façon modérée depuis le début de l’année 2020 et que les bilans disponibles pour 2020 montrent que la situation financière des entreprises françaises a été globalement « moins affectée que la baisse de l’activité ne pouvait le laisser craindre ».