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Crédit immobilier : les taux d’usure en baisse, mauvaise nouvelle pour certains emprunteurs !

Les taux maximums au-delà desquels les banques ne peuvent pas prêter de l’argent sont en baisse, et c’est plutôt une mauvaise nouvelle.

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Crédit: iStock.

Chaque trimestre, la Banque de France calcule le taux d’usure, c’est-à-dire le taux qui fixe le plafond au-delà duquel une banque ne peut octroyer un emprunt. Ainsi, le taux annuel effectif global (TAEG) du prêt ne peut pas dépasser ce taux, qui inclut le taux nominal, plus les frais de dossier, éventuellement de courtage, l’assurance et les garanties obligatoires. Et comme au trimestre précédent, les taux d’usure sont encore en baisse au troisième trimestre 2021, selon l’avis publié au Journal officiel le 25 juin. Une « mauvaise nouvelle » pour le courtier en crédit Vousfinancer, car ce recul « risque d’exclure les emprunteurs les plus fragiles qui ne bénéficient pas des taux les plus bas, et pourrait toucher davantage d’emprunteurs encore en cas de remontée des taux de crédit immobilier, ce qui provoquerait un effet ciseaux ».

En effet, le taux maximal passe à 2,48% pour un crédit immobilier de 20 ans et plus au troisième trimestre 2021, contre 2,60% au trimestre précédent, soit un « plus bas historique » également pour Cafpi. Toujours pour les mois de juillet, août et septembre, le taux d’usure passe de 2,52% à 2,44% pour les emprunts de 10 à 20 ans. Concernant les prêts relais, le taux maximum passe de 3,05% à 2,93%.

Nouveau coup dur

Le directeur général adjoint du courtier Cafpi, Philippe Taboret, redoute, lui aussi, un « effet ciseaux ». « Après le durcissement des conditions d’accès au crédit par le HCSF c’est un nouveau coup dur pour les emprunteurs, notamment les plus fragiles, qui vont se voir exclus de l’accès à la propriété, et ce, même s’ils sont solvables », précise-t-il dans un communiqué publié le 29 juin.

Ce taux fixé par la Banque de France suit les récentes chutes des taux de crédit ces dernières semaines : ils ont franchi un plancher historique, à 1,15% en avril. « Ces baisses se répercutent sur les taux d’usure qui reculent également, mais risquent de pénaliser ceux qui ne bénéficient pas des taux les plus bas ou qui, compte tenu de leur âge ou état de santé, sont contraints d’emprunter avec des taux d’assurance élevés » selon Sandrine Allonier, directrice des études de Vousfinancer.