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Immobilier : ça y est, les taux de crédit remontent…

Plusieurs courtiers en crédit observent des hausses de barèmes en novembre, de 10 à 25 points selon les établissements. Une tendance qui pourrait être durable.

Télétravail

En novembre, de nombreuses banques ont augmenté leurs taux de crédit. La hausse va jusqu’à 0,25 point pour certaines, selon le courtier en crédit Vousfinancer. Ce sont ainsi « plus de 60 % des barèmes reçus » qui sont orientés à la hausse, après des mois au plancher. Que ce soit les banques régionales ou nationales, les augmentations de taux vont de 0,05 point à 0,25 point, sur l’ensemble des durées et des profils. A l’exception de deux banques, qui ont à baissé leurs taux de 0,05 % seulement. Une tendance haussière confirmée par Emprunt-Direct.com, qui constate pour sa part des progressions de barèmes qui vont de 10 à 20 points.

Taux supérieurs à 1%

Les taux moyens proposés par les courtiers montent désormais bien souvent au-delà de 1 % sur 20 ans, et dépassent les 1,40 % sur 25 ans. Pour autant, pour les meilleurs profils, les taux restent encore à des niveaux records. Il est toujours possible pour ces derniers d’emprunter à moins de 1 % quelle que soit la durée (0,50 % sur 15 ans, 0,70 % sur 20 ans et 0,90 % sur 25 ans) chez Vousfinancer. Même chose côté Emprunt-Direct.com, avec 1% sur 25 ans pour les meilleurs dossiers. « Rappelons qu’il s’agit de taux affichés sur les barèmes qui peuvent ensuite être revus à la baisse grâce à un système de décotes appliquées en fonction du profil des emprunteurs, ce qui permet aux dossiers de qualité d’obtenir encore des taux records », analyse Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer.

La tendance à la hausse est-elle durable, liée à la reprise économique et à l’inflation ? Ou passagère, à l’approche de la fin de l’année ? Trop tôt pour le dire. Mais certains éléments devraient peser sur le marché du crédit immobilier en fin d’année. « Les recommandations désormais contraignantes s’ajoutent à un contexte plus tendu sur le front du profil financier des ménages, du fait de prix élevés et d’une désolvabilisation possible de ces derniers en cas de remontée, même minime, des taux, souligne Alban Lacondemine, président fondateur d’Emprunt Direct. S’ajoute à cela la prudence des banques découlant d’un débranchement progressif du soutien de l’État, des effets inflationnistes de la reprise, et des conséquences futures des remboursements des PGE par les entreprises. La fin de l’année 2021 serait donc susceptible de marquer une accentuation du changement de politique des banques, qui pourrait même se prolonger au cours du premier semestre 2022 ».

Période délicate pour les PTZ

La fin de l’année risque aussi d’être compliquée pour les emprunteurs qui veulent bénéficier d’un prêt à taux zéro (PTZ) ou un prêt à l’accession sociale (PAS). En effet, certaines banques n’acceptent plus de dossiers avec PTZ depuis le 1er novembre. A l’inverse, d’autres donnent jusqu’au 15 novembre. Une contrainte liée au fait que l’attribution des prêts et le calcul de leur montant se font en fonction du revenu fiscal de référence de l’année N-2 et qu’en outre les délais de traitement de ces dossiers sont plus longs, rappelle-t-on chez Vousfinancer.

« Les banques sont soumises à des délais de mise en conformité des dossiers montés avec PTZ ou PAS entrainant une instruction plus longue, explique Sandrine Allonier, directrice des études de Vousfinancer. Or, compte tenu du fait que les montants de accordés dépendent des revenus fiscaux de l’années N-2, soit 2019, il faut que les dossiers soient complets et déposés en temps et en heure afin que les offres de prêt puissent être signées avant le 31 décembre 2021. Sinon les dossiers ne seront plus conformes et devront être réinstruits en janvier 2022 sur la base des revenus de l’année 2020 ». L’une des solutions préconisées par le courtier : tenter de décaler la date des conditions suspensives et de la déplacer de plus d’un mois, si les vendeurs l’acceptent.